Nouvelle mise en garde de la Cédéao au Mali et à la Guinée-Bissau

Reuters

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Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont adressé jeudi une nouvelle mise en garde aux putschistes du Mali et de Guinée-Bissau sans pour autant envoyer de troupes dans ces deux pays. Réuni à Dakar pour un deuxième sommet extraordinaire en une semaine, les dirigeants des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont constaté que les militaires ayant pris le pouvoir au Mali et en Guinée-Bissau continuaient d'ignorer leurs propositions pour la mise en place d'un processus de rétablissement de régimes civils.

Des sous-officiers ont renversé le 22 mars le président malien Amadou Toumani Touré, plongeant le pays dans un chaos dont des rebelles touaregs appuyés par des combattants islamistes ont profité pour s'emparer du nord du Mali. En Guinée-Bissau, l'armée a interrompu le processus électoral le 12 avril afin d'empêcher la probable arrivée au pouvoir du Premier ministre Carlos Gomes Junior.

Transition

«La région ne saurait tolérer cette défiance perpétuelle des militaires bissau-guinéens qui, au mépris des règles constitutionnelles, tentent d'imposer leur volonté à leur peuple», a déclaré le président de la commission de la Cédéao, Désiré Kadré Ouédraogo, à Dakar. Lors de son précédent sommet le 26 avril, la Cédéao a réclamé la tenue d'élections présidentielles dans un délai de 12 mois au Mali et en Guinée-Bissau. Elle s'est aussi entendue sur le principe d'un déploiement militaire dans ces deux pays pour contribuer au rétablissement d'un pouvoir civil.

Le bloc régional a réitéré sa demande d'une période de transition de 12 mois en Guinée-Bissau, où elle prône le renouvellement du bureau exécutif de l'Assemblée nationale afin que son nouveau président assume l'intérim à la tête de l'Etat. Il souhaite aussi la désignation d'un Premier ministre à la tête d'un gouvernement d'union nationale. Le président par intérim et le Premier ministre ne devraient pas concourir à la prochaine présidentielle, dans le scénario établi par la Cédéao.

Au sujet du Mali, les dirigeants ouest-africains ont demandé au gouvernement de transition du président par intérim Dioncounda Traoré d'élaborer une feuille de route vers l'organisation d'élections. La junte malienne a prévenu qu'elle s'opposerait au déploiement d'une force régionale.