Procès de Charles Taylor: Le parquet requiert 80 ans de prison contre l'ancien président du Libéria

Reuters

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Le parquet a requis une peine de 80 ans de prison contre l'ancien président libérien Charles Taylor, reconnu coupable la semaine dernière de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Sierra Leone par le tribunal spécial chargé de juger les responsables des atrocités commises durant la guerre civile dans ce pays.

Dans un document remis aux juges du tribunal de La Haye, le parquet précise que la fonction de chef d'Etat qu'occupait Taylor à l'époque ainsi que la durée sur laquelle les crimes se sont étendus sont autant de circonstances aggravantes qui doivent entraîner une lourde peine de prison. Les juges devraient prononcer leur verdict à la fin du mois.

Jusqu'ici, la plus longue peine prononcée par le tribunal spécial sur la Sierra Leone est de 52 ans de prison, à l'encontre d'Issa Sesay, l'un des anciens commandants du Front révolutionnaire uni (RUF), une milice responsable de nombreuses atrocités pendant la guerre civile.

A 64 ans, Taylor est le premier ancien chef d'Etat africain condamné par une juridiction internationale.

L'ex-chef d'Etat a été reconnu coupable d'avoir fourni des armes, de la nourriture, des médicaments, du carburant et des équipements aux forces sierra-léonaises lors de la guerre civile de 1991 à 2002, qui a fait plus de 50.000 morts et des milliers de mutilés. Il n'a toutefois pas été reconnu coupable d'avoir ordonné ou planifié les crimes commis à cette période.

Charles Taylor a été inculpé en 2003 durant la dernière année de son mandat par le TSSL avant d'être arrêté trois ans plus tard au Nigeria où il s'était réfugié. Il a été transféré en 2006 pour être jugé dans une chambre délocalisée du TSSL, au sein des bâtiments de la Cour pénale internationale (CPI).