Mort d'Oussama ben Laden: Une dizaine de documents retrouvés dans sa maison ont été déclassifiés

TERRORISME L'ancien leader d'Al-Qaida avait perdu de son influence, mais envisageait tout de même de frapper les plus hauts responsables américains...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Vidéo d'Oussama ben Laden rendue publique le 7 mai 2011 par le Pentagone.
Vidéo d'Oussama ben Laden rendue publique le 7 mai 2011 par le Pentagone. — REUTERS/Pentagon/Handout

Si Oussama ben Laden «ne tirait pas les ficelles» de tous les groupes djihadistes à travers le monde, se plaignant même de l'incompétence de certaines cellules, il projetait toujours de tuer les plus hauts responsables américains, dont Barack Obama, a conclu un centre de recherches de l'armée américaine après l'étude de documents saisis dans l'ancien repaire du chef d'Al-Qaida.

Certains de ces 17 documents, déclassifiés un an après la mort d'Oussama ben Laden, tué le 2 mai 2011 par un commando américain dans sa villa d'Abbottabad, au Pakistan, ont été rendus publics et postés en ligne ce jeudi par le Combating terrorism center (CTC), un fonds de recherche privé financé par l'Académie militaire de West Point.

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Jusqu’au bout, le leader d’Al-Qaida était resté concentré sur l’attaque d’intérêts américains dont quelques-uns des plus hauts responsables américains, rappelant les scénarios les plus sombres de la série 24h Chrono. «Il souhaitait particulièrement viser les avions transportant le général David Petraeus (ancien commandant des forces armées américaines en Afghanistan, ndr) et même le président Barack Obama, estimant qu’un assassinat mettrait le vice-président Joe Biden, pas du tout préparé, à sa place et plongerait les Etats-Unis dans la crise», rapporte ainsi CBS.

Ben Laden préoccupé par les attaques de ses propres «frères»

Mais Oussama ben Laden pouvait aussi montrer un minimum de compassion. Contrastant avec les déclarations publiques d'Al-Qaida contre les injustices infligées aux musulmans par les Occidentaux ou les régimes arabes «apostats», les documents internes montrent que l’ennemi public numéro un des Etats-Unis se préoccupe d'abord des souffrances infligées aux musulmans par ses «frères» djihadistes.

Par ailleurs, le chef d'Al-Qaida n'était «pas impressionné par le récent courant du djihad populiste américain» et ne portait pas en haute estime le prêcheur radical à la nationalité américaine Anouar al Aoulaki, chef d'Al-Qaida dans la Péninsule arabique (Aqpa), tué en septembre 2011 au Yémen dans un raid de drone américain. Il se désintéressait également des Shababs de Somalie, malgré leur soumission à Al-Qaida, les trouvant trop stricts dans leur manière d’appliquer la Charia, comme le fait de couper la main des voleurs.

Au total, ce sont 175 pages en arabe de communications internes à Al-Qaida (courriels, brouillons de lettres) que le centre de recherches a étudiées. Le document le plus ancien remonte à septembre 2006, le plus récent à avril 2011.