Egypte: Retour au calme au Caire, des manifestants toujours sur place

© 2012 AFP

— 

L'armée égyptienne s'est engagée jeudi à ce que l'élection présidentielle prévue fin mai soit à "100% honnête", au lendemain d'affrontements meurtriers au Caire lors d'une manifestation hostile au pouvoir militaire.
L'armée égyptienne s'est engagée jeudi à ce que l'élection présidentielle prévue fin mai soit à "100% honnête", au lendemain d'affrontements meurtriers au Caire lors d'une manifestation hostile au pouvoir militaire. — Gianluigi Guercia afp.com

Le calme régnait ce jeudi matin près du ministère de la Défense au Caire, où des violences ont fait 20 morts la veille selon des sources médicales, mais des centaines de personnes réclamant le départ du pouvoir militaire étaient toujours sur place. D'après un photographe de l'AFP, la circulation a repris aux environs de la place Abbassiya, où des scènes de lynchage ont eu lieu mercredi. L'armée et la police, qui étaient intervenues la veille pour mettre fin aux violences en installant un cordon entre protestataires et assaillants, ont gardé leurs positions.

Mercredi à l'aube, des assaillants non identifiés, accusés d'être des hommes de main en civil agissant sur commande, ont attaqué les protestataires qui étaient rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l'armée du pouvoir, selon des sources de sécurité et des témoins. Les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails molotov, tandis que des personnes, le corps en sang, étaient battues à coups de barres de fer. Des coups de feu ont également été entendus.

Vingt morts

Selon les médecins de l'hôpital de campagne installé non loin de là, 20 personnes ont été tuées. Le ministère de la Santé a fait lui état de 9 morts et des dizaines de blessés et n'était pas joignable ce jeudi pour un bilan définitif. Dans un signe d'apaisement, l'armée, qui tient les rênes du pays depuis la chute de Hosni Moubarak l'an dernier, s'est dite prête à quitter le pouvoir dès le 24 mai en cas de victoire d'un des candidats dès le premier tour, sans attendre la fin juin comme initialement évoqué.

Au coeur des incidents figurent les partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl qui campaient depuis samedi pour protester contre l'exclusion de leur candidat de la course à la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai et le second les 16 et 17 juin. Hazem Abou Ismaïl est l'un des dix candidats sur 23 à avoir été éliminés en raison d'irrégularités. Selon les autorités, sa mère a obtenu la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale.

Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils souhaitaient voir le régime militaire intérimaire en Egypte lancer une enquête au sujet des violences ayant conduit à la mort de 20 personnes. "Nous sommes très inquiets des récents actes de violence en Egypte", a souligné le porte-parole adjoint du département d'Etat Mark Toner, ajoutant que les Etats-Unis "veulent voir la fin immédiate de ces violences".