Egypte: 20 morts au Caire, l'armée prête à avancer son départ du pouvoir

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Vingt personnes ont été tuées mercredi au Caire lors d'affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants, faisant brusquement monter la tension politique et amenant plusieurs candidats à la présidentielle à suspendre leur campagne.
Vingt personnes ont été tuées mercredi au Caire lors d'affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants, faisant brusquement monter la tension politique et amenant plusieurs candidats à la présidentielle à suspendre leur campagne. — Gianluigi Guercia afp.com

Vingt personnes ont été tuées mercredi au Caire lors d'affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants, faisant brusquement monter la tension politique et amenant plusieurs candidats à la présidentielle à suspendre leur campagne. Dans un signe d'apaisement, l'armée, qui tient les rênes du pays depuis la chute de Hosni Moubarak l'an dernier, s'est dite prête à quitter le pouvoir dès le 24 mai en cas de victoire d'un des candidats dès le premier tour, sans attendre la fin juin comme initialement évoqué.

Au coeur des incidents figurent les partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl qui campaient depuis samedi pour protester contre l'exclusion de leur candidat de la course à la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai et le second les 16 et 17 juin. Hazem Abou Ismaïl est l'un des dix candidats sur 23 à avoir été éliminés en raison d'irrégularités. Selon les autorités, sa mère a obtenu la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale.

Remise du pouvoir le 24 mai

Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils souhaitaient voir le régime militaire intérimaire en Egypte lancer une enquête au sujet des violences ayant conduit à la mort de 20 personnes. Dimanche, une personne avait été tuée et 119 blessées dans des affrontements avec ses partisans, toujours dans le quartier d'Abbassiya. Le chef d'état-major de l'armée, Sami Anan, membre du conseil militaire au pouvoir, a affirmé que les militaires étudiaient «une remise du pouvoir le 24 mai en cas de victoire d'un président au premier tour de l'élection».

Les affrontements de mercredi ont amené quatre candidats à suspendre leur campagne. L'un des favoris à la présidentielle, l'ex-chef de la Ligue arabe Amr Moussa, a estimé que les violences de mercredi étaient «la preuve de la nécessité de mettre fin à la période de transition». Le Parti de la justice et de la liberté (PLJ), issu des Frères musulmans, a annoncé qu'il boycottait une réunion prévue mercredi avec le maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de fait de l'Egypte, et les partis politiques, en raison «des évènements sanglants» d'Abbassiya.

Un «massacre»

L'opposant Mohamed ElBaradei, qui n'est pas candidat, a dénoncé sur son compte Twitter un «massacre». «Le Conseil suprême des forces armées et le gouvernement sont incapables de protéger les civils ou sont de mèche avec les voyous. L'Egypte va à vau-l'eau», a-t-il ajouté.

La campagne, qui s'est officiellement ouverte lundi, se déroule dans un climat d'ouverture inédit pour une présidentielle en Egypte, après des décennies d'élections-plébiscites largement boudées par les électeurs faute d'enjeu réel. Le blocage du processus de rédaction d'une nouvelle Constitution et le bras-de-fer entre les Frères musulmans, qui dominent le Parlement, et l'armée sur un remaniement du gouvernement nommé par les militaires maintiennent toutefois un climat politique difficile.