Egypte: Cinq morts dans des affrontements au Caire

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Cinq personnes ont été tuées et 50 blessées après une attaque mercredi contre un rassemblement hostile au pouvoir militaire près du ministère de la Défense au Caire, a-t-on appris de sources médicales et des services de sécurité.
Cinq personnes ont été tuées et 50 blessées après une attaque mercredi contre un rassemblement hostile au pouvoir militaire près du ministère de la Défense au Caire, a-t-on appris de sources médicales et des services de sécurité. — Khaled Desouki afp.com

Cinq personnes ont été tuées et 50 blessées après une attaque mercredi contre un rassemblement hostile au pouvoir militaire près du ministère de la Défense au Caire, a-t-on appris de sources médicales et des services de sécurité. Des assaillants non identifiés ont attaqué à l'aube les protestataires, rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l'armée du pouvoir. De violents affrontements ont éclaté, les deux côtés faisant usage de cocktails molotov et de pierres, selon la source de sécurité.

Un médecin dans un hôpital de campagne établi dans le secteur a fait état de cinq morts et d'au moins 50 blessés dans les violences qui selon la télévision d'Etat se poursuivaient en milieu de matinée. Le ministère de la Santé a confirmé le bilan. Parmi les protestataires figurent des partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl, qui campaient dans le secteur depuis samedi après l'exclusion par la commission électorale de ce candidat à la course présidentielle prévue les 23 et 24 mai.

10 candidats sur 23 éliminés

Dimanche avant l'aube, une personne avait été tuée et 119 blessées dans des affrontements ayant opposé des partisans de Hazem Abou Ismaïl à des habitants du quartier de Abbassiya, non loin du ministère de la Défense. Les violences lors des manifestations en Egypte sont fréquemment attribuées à des hommes de main commandités notamment par l'armée arrivée au pouvoir après la chute sous la pression de la rue du régime de Hosni Moubarak en février 2011.

Hazem Abou Ismaïl fait partie de 10 candidats sur 23 à avoir été éliminés en raison d'irrégularités dans leurs dossiers. Sa mère a obtenu selon les autorités la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale qui stipule que le candidat, ses parents et son épouse doivent être uniquement Egyptiens. La plupart de ses partisans crient «au complot» et refusent son exclusion. La campagne pour l'élection présidentielle s'est officiellement ouverte lundi, dans un climat dominé par la concurrence entre candidats islamistes et libéraux laïques.

Elle s'arrêtera le 21 mai pour 48 heures de «silence politique» avant le premier tour les 23 et 24 mai. Un second tour est prévu les 16 et 17 juin. L'armée a promis de rendre le pouvoir fin juin au nouveau président, à l'issue de ce scrutin d'une ouverture inédite en Egypte, après des décennies d'élections-plébiscites largement boudées par les électeurs faute d'enjeu réel.