Timochenko: Berlin menace de bloquer l'accord d'association UE/Ukraine

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Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, inquiet du sort de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, a menacé de bloquer la ratification de l'accord d'association UE/Ukraine, dans un entretien mercredi.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, inquiet du sort de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, a menacé de bloquer la ratification de l'accord d'association UE/Ukraine, dans un entretien mercredi. — Nicolas Asfouri afp.com

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, inquiet du sort de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, a menacé de bloquer la ratification de l'accord d'association UE/Ukraine, dans un entretien ce mercredi. «Nous, les Allemands, nous disons que l'accord d'association UE/Ukraine ne peut pas être ratifié, si des conditions d'Etat de droit ne sont pas clairement remplies», a dit Guido Westerwelle, dans une interview à la télévision allemande ZDF, alors qu'il était questionné sur Ioulia Timochenko.

Paraphé le 30 mars dernier entre l'UE et l'Ukraine, cet accord doit encore être signé officiellement. Son volet commercial couvrira tous les domaines d'échanges bilatéraux: commerce des biens, y compris l'automobile, agriculture, services, investissements, libre circulation des capitaux et même celle des personnes, essentiellement limitée toutefois aux voyages d'affaires. Dans un entretien au quotidien allemand Bild de ce mercredi, le ministre a également rappelé à Kiev qu'en tant que membre du Conseil de l'Europe il s'était engagé à avoir des normes minimales concernant les droits de l'Homme.

«Le chemin vers l'Europe passe par un pont qui repose sur deux piliers: la démocratie et l'Etat de droit»

«Le gouvernement ukrainien doit savoir que le chemin vers l'Europe passe par un pont qui repose sur deux piliers: la démocratie et l'Etat de droit», a-t-il déclaré. Interrogé sur ZDF au sujet d'un éventuel boycott de l'Euro-2012 en Ukraine par le gouvernement allemand, Guido Westerwelle a déclaré que pour l'instant la question n'était pas d'actualité. «Je suis d'avis que cela ne fait pas sens de décider de cela aujourd'hui. (...) Cela n'aide pas de dire ce que l'on va faire dans six semaines», a-t-il dit, martelant que «l'important aujourd'hui était d'aider Mme Timochenko», en mauvaise santé.

Selon la presse allemande, la chancelière allemande Angela Merkel et les ministres de son gouvernement pourraient ne pas se rendre dans le pays pour assister à des matches de l'Euro-2012 si Ioulia Timochenko n'est pas libérée d'ici là. Egérie de la «révolution orange» en Ukraine en 2004, Ioulia Timochenko a été condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir à l'époque où elle dirigeait le gouvernement, affaire qu'elle a toujours dénoncée comme une vengeance personnelle du président Ianoukovitch, élu en 2010, qui chercherait selon elle à l'écarter de la scène politique.