Pour Romney, Obama politise l'anniversaire de la mort de Ben Laden

Reuters

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Le républicain Mitt Romney a accusé Barack Obama de politiser le premier anniversaire de la mort d'Oussama ben Laden, survenue dans la nuit du 1er au 2 mai 2011 à Abbottabad, au Pakistan.

Pour marquer l'occasion, le très probable adversaire d'Obama à l'élection présidentielle du 6 novembre prochain avait inscrit mardi à son agenda une rencontre avec des pompiers et l'ancien maire de New York Rudy Giuliani dans une caserne de la ville qui a perdu onze hommes dans les attentats du 11-Septembre. Mais cette visite symbolique, aux origines de la «guerre contre le terrorisme» lancée par Washington sous l'administration de George W. Bush, a été totalement éclipsée par le déplacement surprise que le président démocrate a effectué en Afghanistan.

«Tout Américain doué de raison aurait ordonné exactement la même chose»

Ces derniers jours, l'approche du premier anniversaire de la mort de Ben Laden a déclenché un débat théorique aux Etats-Unis sur le thème «Mitt Romney aurait-il donné l'ordre aux commandos de passer à l'action?». Dans l'entourage de Barack Obama, on rappelle que lors des primaires de 2008, alors que celui qui n'était encore que sénateur démocrate de l'Illinois se disait déterminé à traquer les «cibles terroristes de haut rang» au Pakistan, avec ou sans l'aval des autorités locales, Mitt Romney avait exprimé son désaccord.

Invité mardi sur CBS, ce dernier s'est dit «très déçu que le président fasse de cela une affaire politique en laissant entendre que je n'aurais pas donné l'ordre d'un tel raid». «Je l'aurais naturellement fait. Tout Américain, tout Américain doué de raison aurait ordonné exactement la même chose», a-t-il poursuivi. Quant à la politique d'«élimination ciblée», il a redit qu'à son sens, le candidat Obama avait commis une erreur en affichant ses intentions en 2008 alors que le Pakistan traversait «une période très fragile, inflammable».

Au moment où l'ex-gouverneur du Massachusetts s'exprimait, Barack Obama atterrissait sur la piste de la base aérienne de Bagram, près de Kaboul, pour une visite impromptue marquée par une allocution retransmise en direct à la télévision aux Etats-Unis. Même si les questions économiques seront sans doute au coeur de la campagne présidentielle, les conseillers d'Obama considèrent que ses réalisations en matière de politique étrangère sont un atout dans le jeu du président candidat à un second mandat.