Strauss-Kahn se rapproche d'un procès

William Molinié

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DSK, William W. Taylor (à g.) et Benjamin Brafman, ses avocats, le 23 août 2011, à New York.
DSK, William W. Taylor (à g.) et Benjamin Brafman, ses avocats, le 23 août 2011, à New York. — R. DREW / POOL / SIPA

Après une sortie remarquée samedi soir à l'anniversaire de Julien Dray (lire encadré), Dominique Strauss-Kahn a essuyé un nouveau revers, mardi. En début d'après-midi, le président de la Cour suprême du Bronx a rejeté la demande d'immunité qu'avaient formulée les avocats de l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) au prétexte qu'il aurait bénéficié d'une « immunité diplomatique » au titre de patron de l'institution. En refusant de classer sans suite la plainte au civil intentée par Nafissatou Diallo, le juge new-yorkais ouvre la voie à l'organisation d'un procès, composé d'un jury populaire.
Nafissatou Diallo, 33 ans, accuse DSK de l'avoir contrainte à une fellation le 14 mai 2011, dans sa suite du Sofitel à New York. Une plainte au pénal a été abandonnée le 23 août 2011 car le procureur avait des doutes sur la crédibilité des dépositions de la femme de chambre.

Possibilité d'appel
Du coup, cette plainte au civil, déposée quinze jours avant, est cruciale pour le camp Diallo. Ce serait, pour l'employée, l'ultime chance de se faire « reconnaître comme victime de DSK », selon les termes de son avocat, et la seule possibilité de recevoir des dommages et intérêts. De son côté, l'ex-favori des sondages a reconnu une « relation inappropriée », ainsi qu'une « faute morale », mais nie toute accusation d'agression sexuelle. Il pourrait faire appel dans les jours qui viennent. Par ailleurs, un accord financier à l'amiable peut toujours être conclu.

Une affaire qui embarasse le PS

Le député PS Julien Dray a créé la polémique en invitant samedi soir, sans prévenir ses convives, DSK à son anniversaire organisé dans un bar parisien. Ségolène Royal a quitté la fête pour éviter DSK, « au nom du droit des femmes et du respect qui leur est dû ». Julien Dray s'est dit « désolé », mais a nié toute « maladresse ».