Victor-Emmanuel, le pauvre homme qui se croyait roi

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Le prince Victor Emmanuel de Savoie, 69 ans, fils du dernier roi d'Italie Umberto II, a été arrêté vendredi en Italie pour "association de malfaiteurs visant à la corruption et à l'exploitation de la prostitution", a annoncé l'agence de presse italienne Ansa.
Le prince Victor Emmanuel de Savoie, 69 ans, fils du dernier roi d'Italie Umberto II, a été arrêté vendredi en Italie pour "association de malfaiteurs visant à la corruption et à l'exploitation de la prostitution", a annoncé l'agence de presse italienne Ansa. — Pascal Guyot AFP

Victor-Emmanuel de Savoie est le fils du dernier roi éphémère d'Italie, Humbert II, contraint d’abdiquer un mois après sa nomination en 1946, suite au référendum instaurant la République. Depuis la mort de son père en 1983, Victor-Emmanuel de Savoie est le chef de la Maison de Savoie et de maison royale d'Italie.

Son arrestation le 16 juin pour association de malfaiteurs a renforcé sa déplorable réputation en Italie. A 69 ans, Victor-Emmanuel a déjà eu maille à partir avec la justice. Au début des années 1970, il avait fait l'objet d'une enquête en Italie pour trafic d'armes international, mais cette procédure n'avait donné lieu à aucune suite judiciaire. En 1978, il avait été mis en cause et incarcéré cinquante-cinq jours après la mort de Dirk Hammer, jeune Allemand grièvement blessé dans la nuit du 17 au 18 août à Cavallo, en Corse. Il n’a finalement écopé que de six mois de prison avec sursis pour détention et port d'armes.

Le lendemain de son arrestation au bord du lac de Côme, tous les journaux italiens ont consacré leur une à la chute du « pauvre homme » (La Stampa), à la « vie sans loi de l’homme qui se croyait roi » (Corriere della Sera) et à la lamentable saga de la maison de Savoie.
Comme tous les descendants mâles de la maison royale, Victor-Emmanuel avait été exclu du territoire italien en 1946 – il avait 9 ans – pour sanctionner la collaboration de son grand-père, Victor-Emmanuel III, avec le régime fasciste de Mussolini et la signature des lois raciales.
Il n’a pu revenir qu’en décembre 2002, après la levée du bannissement par le Parlement italien. Pour cela, il a dû jurer fidélité à la République, un geste auquel il s’est longtemps refusé. Victor-Emmanuel avait aussi compliqué le chemin de son retour en rechignant à demander pardon pour la signature des lois racistes de son grand-père : « Je n’étais pas né », avait-il déclaré en 1997, « et puis, elles n’ont pas été si terribles ».

Depuis la levée de l’ostracisme, le prince a continué à résider la plupart du temps en Suisse, ne cherchant pas à gagner le cœur des Italiens.
Dans cette dernière affaire, Victor-Emmanuel se dit «totalement innocent ». Et sa femme d’affirmer au Corriere della Sera : « ittorio est un homme propre, il n’a même jamais fumé un joint.