La saga de la Maison de Savoie

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Plusieurs comédiennes dont Clotilde Courau, Judith Godrèche, Emilie Dequenne et Marion Cotillard, ont dessiné des bijoux en diamants qui seront dispersés aux enchères le 27 juin, à Paris, au profit d'associations humanitaires dont Intervida et l'Unicef.
Plusieurs comédiennes dont Clotilde Courau, Judith Godrèche, Emilie Dequenne et Marion Cotillard, ont dessiné des bijoux en diamants qui seront dispersés aux enchères le 27 juin, à Paris, au profit d'associations humanitaires dont Intervida et l'Unicef. — Pascal Guyot AFP/Archives

Un millénaire sépare l’apparition du premier prince de la dynastie de Savoie (980), le comte Humbert aux mains blanches, de l’abdication forcée du dernier roi d’Italie, Humbert II, en juin 1946. Le fils de ce dernier, le prince Victor-Emmanuel de Savoie, a été arrêté le 16 juin dernier pour association de malfaiteurs à l’âge de 69 ans. Il est considéré par de nombreux Italiens comme « un pauvre homme » peu digne d’estime, rejeton perdu d’une dynastie qui a fini dans la compromission avec le fascisme. Tous les descendants mâles de la maison royale de Savoie ont en effet été expulsés du territoire italien à la suite du référendum instaurant une République en juin 1946. Motif : la collaboration de Victor-Emmanuel III (père d’Humbert II) au régime mussolinien, dont il avait cosigné les lois raciales en 1938.
Victor-Emmanuel a été autorisé à retourner en Italie en 2002, après cinquante-six ans d’exil. Depuis la levée du bannissement, le prince continue toutefois de résider la plupart du temps en Suisse, où il s’était fixé depuis de longues années. Son fils, Emmanuel Philibert n’a foulé le sol italien qu’en 2002 suite à l'abrogation de la loi d'exil. Depuis, il a fait la une des magazines people grâce à son mariage avec l’actrice française Clotilde Courau le 25 septembre 2003. Le couple a un enfant, Vittoria, née le 28 décembre 2003 à Genève.

Les territoires de la dynastie

La Maison de Savoie a régné sur les actuels départements de Savoie et de Haute Savoie, ainsi que sur le Comté de Nice, la Sicile et la Sardaigne.
L’Italie du Nord et les territoires alpins étaient une mosaïque de royaumes, de principautés, de duchés, de marquisats, de comtés, de protectorats… Ils ont été le théâtre incessant de luttes d'influence et de conflits entre l'Espagne, la Provence puis la France, la Savoie, l'Autriche, l'Angleterre, le Pape et l'Empereur.
La Maison de Savoie a ainsi connu une fluctuation importante de ses domaines au cours des siècles. Les territoires suivants lui ont appartenu à une époque ou à une autre : Beaufort, Beauges, Bugey, Bresse, Chablais, Faucigny, Gênes, Genevois (mais pas Genève), Maurienne, Pays de Gex, Pays Niçois, Oneille, Piémont, Sardaigne, Savoie propre et avant-pays, Tarentaise, Vallée d'Aoste, Valais (en partie), Vaudois.
Les Etats de Savoie ont disparu à la suite du Traité de Turin, signé le 24 mars 1860 entre Napoléon III, empereur des Français et Victor-Emmanuel II, roi de Sardaigne, de Chypre, de Jérusalem et duc de Savoie. Ce dernier a cédé à la France le comté de Nice (actuellement le département des Alpes-Maritimes) et le duché de Savoie, qui forme les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. Il a incorporé ses autres possessions dans le nouveau royaume d'Italie, unifié en 1861 et sous le règne des rois de Sardaigne de la maison de Savoie jusqu’en 1946 :
1861-1878 : Victor-Emmanuel II (1820-1878), 1er roi 1878-1900 : Humbert Ier (1844-1900), 2e roi, fils du précédent
1900-1946 : Victor-Emmanuel III (1869-1947), 3e roi, fils du précédent
1946-1946 : Humbert II (1904-1983), 4e roi, fils du précédent

Les différentes branches de la dynastie 

Le premier représentant de la dynastie, Humbert Ier de Savoie, dit Humbert aux Blanches Mains (en Italie Umberto Ier de Savoie Biancamano), est né entre 970 et 980 en Maurienne. Il a été comte de Savoie de 1027 à 1047 et le fondateur de la Maison de Savoie.
La dynastie a porté plusieurs titres : comte de Savoie (1033), duc de Savoie (1416), prince de Piémont, roi de Sicile (1713), roi de Sardaigne (1716) et roi d'Italie (1861). Elle compte plusieurs branches :
- La branche aînée, éteinte en 1263 : un cadet de la branche de Piémont (Amédée V) devient alors chef de la maison de Savoie.
- La branche des seigneurs de Piémont, issue de Thomas II († 1259), seigneur de Piémont. Celui-ci a trois fils, auteurs de trois branches :
- Thomas III de Piémont, auteur de la branche des princes de Piémont, éteinte en 1418,
Amédée V, comte de Savoie, auteur d'une nouvelle branche des comtes de Savoie,
Louis Ier († 1302), auteur des seigneurs de Vaud, éteinte en 1339.
- La branche des comtes de Savoie issue d'Amédée V a plusieurs rameaux :
Le rameau aîné, éteint en 1831 : un membre de la famille de Savoie-Carignan devient alors chef de la maison de Savoie.
Le rameau de Savoie-Nemours, éteint en 1659, issu de Philippe de Savoie († 1533), duc de Nemours, fils de Philippe II de Savoie.
Le rameau de Savoie-Carignan, issu de Thomas de Savoie († 1533), prince de Carignan, fils de Charles-Emmanuel Ier de Savoie.
Un rameau cadet, des comtes de Soissons, s'est éteint en 1736.

- Le rameau aîné (Maison de Savoie) est encore représenté. Il est devenu en 1861 la maison d'Italie, qui, elle, a donné deux branches cadettes :
Les ducs de Gênes.
Les comtes de Savoie-Aoste.