Un attentat tue 64 civils au Sri Lanka

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Cela faisait dix ans que le pays n'avait pas été frappé aussi durement. Au moins 64 civils, en majorité des villageois, ont été tués hier au Sri Lanka dans l'explosion de leur bus, alors qu'ils se rendaient vers la ville de Kebitigollewa, à 200 km au nord de la capitale Colombo.

Le gouvernement sri-lankais a immédiatement attribué l'attentat aux Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), des militants séparatistes, qui ont aussitôt démenti en être les auteurs. Mais ces derniers ne revendiquent jamais leurs actions. Selon les observateurs nordiques déployés sur place, l'attentat serait une réponse aux attaques menées par des sortes de commandos armés par le pouvoir et visant, au hasard, des civils tamouls.

La riposte de Colombo ne s'est pas fait attendre. Quelques heures après l'explosion, l'armée sri-lankaise a lancé des frappes aériennes et des opérations d'artillerie contre les positions tamoules du nord-est du pays. Autant dire que la trêve signée entre le LTTE et Colombo, sous l'égide de la Norvège en février 2002, n'existe plus que sur le papier. Quant aux pourparlers de paix, lancés en septembre 2002, ils sont interrompus depuis avril 2003.

C. L. (avec AFP)

Officiellement, au moins 760 personnes ont été tuées depuis décembre au Sri Lanka, victimes d'un conflit qui a fait plus de 60 000 morts depuis 1972.