Un sommet européen qui sonne creux

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Un sommet sourires, accolades et petits-fours en perspective. Les chefs d'Etat et de gouvernement sont à Bruxelles depuis hier et jusqu'à ce soir, pour un conseil européen qui devrait rester dans les annales comme une rencontre « pour rien ». Alors que les réunions préparatoires ont dévoilé l'absence de consensus des dirigeants de l'Union sur l'avenir institutionnel de l'Europe et sur ses futurs élargissements, les Vingt-Cinq ont décidé d'éviter tout débat de fond.

Hier soir, ils devaient donc se contenter de prolonger la « période de réflexion » sur la Constitution, lancée il y a un an après les « non » français et néerlandais. Cette période n'a en effet donné aucun résultat et les Vingt-Cinq veulent attendre les échéances électorales françaises et néerlandaises prévues au premier semestre 2007. C'est donc à l'Allemagne, qui présidera l'Union de janvier à juin 2007, que reviendra la lourde tâche de faire des propositions pour relancer les discussions sur l'avenir de la Constitution. L'objectif serait d'arriver à une décision sous présidence française, fin 2008. Quitte à être taxés d'immobilisme. L'ex-président de la Commission, Jacques Delors, a accusé mardi ses anciens pairs d'entraîner l'Union dans « la plus grave crise de son histoire en refusant de parler des problèmes qui les divisent ».

Clémence Lemaistre

Les Vingt-Cinq doivent aussi faire le point avec le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana, sur le dossier du nucléaire iranien.