Tuerie d'Oslo: Anders Breivik s'excuse auprès des victimes... mais pas toutes

NORVÈGE 'accusé a présenté ses excuses aux familles des passants tués par la bombe, mais pas à celles des jeunes travaillistes...

© 2012 AFP

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Le 22 juillet, Breivik avait tué 69 personnes sur l'île d'Utoeya où se tenait un camp d'été de la jeunesse travailliste, juste après avoir fait exploser une bombe près du siège du gouvernement, faisant huit autres victimes.
Le 22 juillet, Breivik avait tué 69 personnes sur l'île d'Utoeya où se tenait un camp d'été de la jeunesse travailliste, juste après avoir fait exploser une bombe près du siège du gouvernement, faisant huit autres victimes. — Junge, Heiko afp.com

Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes en Norvège l'an dernier, a regagné le box des témoins ce lundi pour continuer ses explications sur la tuerie d'Utoya où 69 personnes, essentiellement des jeunes, ont péri le 22 juillet 2011. Pour la sixième journée de son procès, Breivik doit répondre aux questions de l'accusation sur le massacre.

Il a présenté ses excuses pour ses victimes sans appartenance politique, en refusant de faire de même pour les proches des adolescents tués sur l'île d'Utoya. «J'aimerais leur présenter mes profondes excuses», a dit l'extrémiste de droite, en s'adressant aux familles des passants tués ou blessés par l'explosion de la bombe qu'il avait placée de le 22 juillet 2011 près du siège du gouvernement norvégien.

Vendredi, l'extrémiste de droite de 33 ans avait déjà longuement détaillé, d'une voix effroyablement calme et détachée, comment il avait fait feu pendant 75 minutes sur les jeunes travaillistes, certains paralysés par la peur, achevant la plupart d'entre eux d'une balle dans la tête. Selon lui, les adolescents étaient des «cibles légitimes» car ils étaient membres d'une organisation politique coupable, à ses yeux, d'exposer la société norvégienne au multiculturalisme et à l'islam.

La question de sa santé mentale différée à mercredi

Ce lundi, selon le calendrier initial, Breivik devait aussi aborder la question centrale de sa santé mentale mais, en raison du retard pris par la procédure, le procureur Svein Holden a demandé à ce que ce thème soit différé à mercredi. Déclaré psychotique par une première expertise psychiatrique officielle puis sain d'esprit par une contre-expertise, Breivik tient à être reconnu pénalement responsable afin, selon lui, de ne pas voir son idéologie islamophobe être décrédibilisée par un diagnostic.

Selon Breivik, la première évaluation psychiatrique contient «plus de 200 mensonges». «Je ne suis pas un cas psychiatrique et je suis pénalement responsable», a-t-il déclaré vendredi. Déclaré pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait ensuite être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux. En dernier ressort, il reviendra aux juges de trancher la question de sa santé mentale dans leur verdict attendu en juillet.