Présidentielle américaine: Obama devance Romney dans la course aux financements

Reuters

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Mitt Romney n'a jamais levé autant de fonds en vue de la campagne présidentielle qu'au mois de mars, mais il reste nettement en retard sur Barack Obama à six mois du scrutin, montrent les chiffres diffusés vendredi par la Commission électorale fédérale.

Débarrassé de la menace représentée par Rick Santorum, son principal rival dans la course à l'investiture républicaine jusqu'à ce qu'il jette l'éponge il y a dix jours, l'ancien gouverneur du Massachusetts va désormais pouvoir se concentrer sur la constitution d'un trésor de guerre pour essayer de déloger le président démocrate de la Maison Blanche.

La campagne par spots radio et télévisés interposés pourrait coûter cette année jusqu'à un milliard de dollars à chacun des deux camps, selon les experts.

Dans ce domaine, Mitt Romney et le comité d'action politique («Super PAC») qui le soutient se sont montrés de loin les plus efficaces des postulants républicains. Mais la résistance imprévue de Rick Santorum a contraint celui qui fait depuis le début figure de favori pour l'investiture à en dépenser l'essentiel pour gagner les voix des Etats les plus disputés.

Conséquence: même s'il a levé 12,7 millions de dollars en mars, Mitt Romney n'avait à la fin du mois «que» 10,1 millions en banque.

Barack Obama, qui a multiplié ces derniers mois les levées de fonds, a de son côté déjà amassé 104 millions de dollars, dont 34,8 millions rien qu'au mois de mars.

Sur le terrain des Super PAC, qui peuvent lever et dépenser des fonds sans tenir compte du plafond de dépenses imposé aux comités de campagne officiels, avec lesquels ils ne sont pas autorisés à se coordonner, l'avantage va en revanche au candidat républicain.

Le poids des «Super PAC» 

«Restore Our Future» a levé 8,5 millions de dollars pour Mitt Romney en mars, «Priorities USA» seulement 2,5 millions pour Barack Obama, ce qui n'est pas sans inquiéter les démocrates, tant ces nouveaux acteurs de la vie politique américaine semblent appelés à jouer un rôle crucial pendant la campagne.

Depuis le début de la course à l'investiture républicaine, ce sont les Super PAC qui ont assumé le «sale boulot» en achetant des spots décriant, parfois de manière extrêmement virulente, les adversaires de leurs champions.

Et Mitt Romney va bénéficier dans ce domaine du renfort d'American Crossroads, sans doute le plus puissant des Super PAC républicains, dont le co-fondateur n'est autre que Karl Rove, ancien conseiller et stratège électoral de George W. Bush.

American Crossroads et Crossroads GPS, l'organisation à but non lucratif à laquelle il est lié, ce qui lui évite d'avoir à déclarer à la Commission électorale le montant et l'origine des dons qu'il perçoit, prévoit de dépenser 300 millions de dollars pendant la campagne et en aurait déjà levé un tiers depuis l'an dernier. Une somme consacrée presque exclusivement à des attaques contre Barack Obama, sa politique et les candidats démocrates au Congrès.

Autre facteur à surveiller: l'entrée en action du Comité national républicain (CNR), qui n'a commencé à lever des fonds conjointement avec Mitt Romney que ce mois-ci, après le retrait de Rick Santorum et alors que les deux autres candidats, le conservateur Newt Gingrich et le libertarien Ron Paul, sont largement distancés dans la course aux délégués.

Le CNR et son rival démocrate (CND), à pied d'oeuvre depuis l'an dernier, permettent aux candidats de bénéficier des donations en faveur de leurs partis respectifs, dont le montant peut être légalement bien plus élevé que celui qui est versé aux comités de campagne.

Le CNR et le CND ont annoncé que l'essentiel des fonds qu'ils récolteraient ces prochains mois seraient affectés à la campagne présidentielle.