Egypte: Ouverture du procès des violences de Port-Saïd

Avec Reuters

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A peine ouvert, le procès de 61 hommes accusés de meurtre avec préméditation après les violences qui ont provoqué la mort de 74 personnes dans le stade de Port-Saïd le 1er février a été brièvement suspendu ce mardi au Caire.

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Debout sur les bancs de la cage grillagée dans laquelle ils comparaissent, les accusés ont vivement nié toute responsabilité dans la plus grande tragédie de l'histoire du football égyptien, hurlant pendant la lecture des chefs d'inculpation: «Nos droits seront reconnus ou nous mourrons.» Douze autres prévenus, dont neuf policiers, comparaissent pour des délits moindres (vol, assistance aux meurtriers...).

Les supporters d'Al-Ahly accusent le ministère de l'Intérieur d'avoir orchestré les incidents pour se venger

La plupart des victimes de Port-Saïd ont succombé à une bousculade apparemment provoquée par des affrontements entre supporters à l'issue d'un match entre l'équipe locale et celle d'Al-Ahly du Caire, dont les «Ultras» ont joué un rôle important pendant le soulèvement qui a mené à la chute du président Hosni Moubarak en 2011.

Les supporters d'Al-Ahly ont accusé le ministère de l'Intérieur d'avoir orchestré les incidents pour se venger. Le rapport d'une commission d'enquête parlementaire a renvoyé dos-à-dos les «Ultras» et les insuffisances des services de sécurité, dont le chef a été limogé.

«Les accusés ont utilisé différents types d'armes tranchantes, d'explosifs et de pierres et ont attendu les supporters qui venaient assister au match au stade de Port-Saïd», a lu le procureur général devant le tribunal, accréditant semble-t-il la thèse d'un guet-apens. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés devant le tribunal pour réclamer «justice» pour les victimes.