Mali: Le rapt d'une Occidentale trouble les négociations

MALI Une Suissesse a été enlevée à Tombouctou, a priori par Ansar Dine...

Julien Descalles

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Les islamistes d'Ansar Dine.
Les islamistes d'Ansar Dine. — AP / SIPA

Elle était la dernière Occidentale encore présente à Tombouctou, dans le nord du Mali. Béatrice, ressortissante suisse d'une quarantaine d'années, a été enlevée dimanche par des hommes armés, vraisemblablement des membres de la mouvance islamiste Ansar Dine, maîtres de la ville depuis début avril. La Suissesse se présente comme une missionnaire chrétienne installée à Tombouctou pour y vendre des bibles et s'engager dans des œuvres sociales. Elle est la 21e personne prise en otage dans la région du Sahel.

Des premiers contacts «positifs» avec les autorités

Le jour même de ce rapt, Ansar Dine, la mouvance proche d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui impose son ascendant dans le Nord sur les rebelles touareg et d'autres groupes, s'est pourtant dite prête à négocier avec les autorités maliennes. «Entre frères musulmans, on peut arriver à s'entendre. Mais il ne faut pas que les non-musulmans se mêlent de nos problèmes», a ainsi prôné Oumar Ag Mohamed, un proche d'Iyad Ag Ghaly, guide spirituel d'Ansar Dine. Dans un geste d'apaisement, 160 militaires prisonniers auraient été libérés par le groupe qui souhaite voir imposer la charia (loi coranique) dans le pays. Partisans de l'indépendance du Nord, les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont quant à eux établi des premiers contacts «positifs» dimanche avec les autorités de transition. «Certes, entre le MNLA et Ansar Dine, les aspirations semblent inconciliables. Mais cette amorce de dialogue est tout de même porteuse d'espoir», souligne André Bourgeot, spécialiste du Mali au CNRS.

Pourparlers

Le futur gouvernement du Premier ministre de transition, qui devrait être nommé ce mardi, enclencherales pourparlers avec les groupes armés. Avec un impératif : faire respecter l'«intégrité territoriale» du pays.