Les Français priés d'aller se former ailleurs

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Après des années de menaces et des mois de discussions, le couperet est tombé : désormais la Belgique n'accueillera plus les étudiants français à bras ouverts. Le Parlement de la communauté française (Wallonie et Bruxelles) a adopté hier un décret plafonnant à 30 % le nombre d'étudiants étrangers non résidents dans certaines filières (véto, kiné, podologie, ergothérapie, accoucheuse, éducateur spécialisé, audiologie). Une mesure appliquée dès la rentrée prochaine.

Les filières concernées comptent plus de 40 % d'étudiants étrangers, en majorité français, attirés par l'absence de concours d'entrée. Pour les lycéens qui ont déjà envoyé leur dossier d'inscription, la nouvelle est rude. D'autant que « par soucis d'équité », les députés ont décidé qu'ils seraient sélectionnés par tirage au sort.

A ceux qui rappellent qu'une telle décision est contraire à la libre circulation des étudiants en Europe et que la Belgique a déjà été condamnée pour une mesure identique (sur les vétérinaires), la ministre de l'Education supérieure, Marie-Dominique Simonet, rétorque qu'elle ne voit pas pourquoi « elle dépenserait 15 millions d'euros pour former des Français » qui rentrent chez eux par la suite. Il y a à terme « un risque de pénurie de professionnels dans certains secteurs de la santé », plaide-t-elle. Un argument recevable par la Cour européenne de justice.

A Paris, on assure que l'on va « se battre » et qu'une réunion avec les Belges est prévue début juillet. Mais, ajoute un diplomate, « cela va être difficile de revenir sur un texte voté par le Parlement ».

Clémence Lemaistre

A la rentrée, 1 600 étudiants étrangers ne pourront pas s'inscrire. Plus de 74 % des étudiants en kinésithérapie ont obtenu leur bac ailleurs qu'en Belgique. 68,2 % en podologie, 59,5 % en logopédie, 49,5 % en ergothérapie, 63,2 % pour les accoucheuses, 47,8 % en audiologie, 41 % pour les éducateurs spécialisés et 86,4 % pour les vétérinaires.