Affaire des caricatures: Des djihadistes présumés jugés au Danemark

Reuters

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Quatre hommes soupçonnés d'avoir préparé un attentat au Danemark après la publication de caricatures du prophète Mahomet comparaissent depuis ce vendredi devant la justice danoise. Les prévenus, trois Suédois et un Tunisien, plaident non coupables des charges de terrorisme retenues contre eux. Selon l'accusation, ils projetaient de faire irruption dans les locaux du quotidien danois Jyllands-Posten, le premier journal à avoir publié ces dessins en 2005, pour y faire le plus grand nombre de victimes possible.

«Notre intuition est qu'un nombre indéterminé de personnes auraient pu périr dans la fusillade», a expliqué le procureur en chef, Gyrithe Ulrich, à la chaîne de télévision TV2 devant le palais de justice de Glostrup, près de Copenhague. Selon les agents des services du renseignement danois (PET), les quatre accusés s'étaient inspirés de l'attaque menée fin 2008 à Bombay par des commandos islamistes.

Dix-sept audiences jusqu'à la mi-juin

Toujours d'après les agents du PET, Mounir Ben Mohamed Dhahri, de nationalité tunisienne, et ses trois coaccusés suédois -Munir Awad, Omar Abdalla Aboelazm et Sahbi Ben Mohamed Zalouti- appartiennent à un groupe djihadiste lié à des réseaux internationaux. Tous quatre ont été arrêtés lors d'une opération menée par les polices danoise et suédoise le 29 décembre 2010 dans les environs de Copenhague et de Stockholm. Les autorités avaient alors affirmé que leur passage à l'acte était imminent.

Lors de la première audience, l'accusation a décrit les événements ayant conduit à leur arrestation et diffusé l'enregistrement de la déposition de Zalouti recueillie par la police après son arrestation à Stockholm. On l'entend dire que ses trois coaccusés voulaient mener ce projet à bien, mais que lui ne souhaitait pas en faire partie. «C'était planifié. Un attentat au Danemark avec les trois gars que vous détenez», dit-il sur la bande, confirmant que ce projet visait à venger la publication des caricatures du prophète qui, ajoute-t-il, sont une provocation à l'égard des musulmans.

A l'audience, Zalouti a confié qu'il avait envisagé d'informer la Sapo, le renseignement suédois, des projets de ses coaccusés mais qu'il n'avait pu s'y résoudre par fidélité à l'amitié le liant à Dhahri. S'ils sont reconnus coupables, les quatre hommes pourraient être condamnés à la perpétuité. Dix-sept audiences ont été programmées à ce procès, jusqu'à la mi-juin.