Obama attendu sur le thème de la drogue et de Cuba en Amérique latine

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Barack Obama arrive vendredi en Colombie à la veille du 6e sommet des Amériques, résolu à afficher sa fermeté face aux thèmes sensibles de la drogue et de Cuba auxquels ses voisins du Sud comptent le confronter
Barack Obama arrive vendredi en Colombie à la veille du 6e sommet des Amériques, résolu à afficher sa fermeté face aux thèmes sensibles de la drogue et de Cuba auxquels ses voisins du Sud comptent le confronter — Brendan Smialowski afp.com

Barack Obama est attendu ce vendredi en Colombie à la veille du 6e sommet des Amériques, où se sont invités les thèmes sensibles du trafic de drogue et de Cuba auxquels ses voisins du Sud comptent bien le confronter. L'avion du président des Etats-Unis doit atterrir en fin d'après-midi dans le port caribéen de Carthagène, une cité touristique placée sous haute sécurité avec près de 20.000 policiers et militaires.

Barack Obama, qui dîne ce vendredi en soir en compagnie de son homologue colombien Juan Manuel Santos, va provisoirement occulter l'épisode de la fusée nord-coréenne ou de la crise syrienne pour se plonger dans des dossiers plus régionaux. Sa visite intervient alors que sa popularité a chuté à 47% en Amérique latine, selon un sondage international publié par l'institut Gallup.

Une dépénalisation pour endiguer la criminalité

Le sommet, qui réunit les 34 pays de l'Organisation des Etats-Américains (OEA) est officiellement consacré à l'intégration continentale et la prospérité économique, mais l'ordre du jour risque d'être bousculé par la proposition controversée de la dépénalisation de la cocaïne.  Dans l'espoir de désamorcer le sujet, Juan Manuel Santos a averti que le sommet ne pourrait au «maximum» que «lancer le débat», soulignant que la lutte contre la drogue ne devait «pas en devenir le thème».

Un avertissement en direction de son homologue du Guatemala Otto Perez, promoteur de l'idée d'une dépénalisation afin d'endiguer la criminalité, option exclue par Washington. Une réunion des dirigeants d'Amérique centrale, frappée par 20.000 meurtres liés aux cartels l'an dernier, est prévue samedi juste avant l'ouverture du sommet, pour définir une position commune face aux Etats-Unis, où transitent 90% de la cocaïne locale.

Cuba et les Malouines en question

La chef de la diplomatie colombienne Maria Angela Holguin a prévenu que les débats pouvaient prendre «le chemin de la convergence d'intérêts» ou celui de «la distance». Autres pommes de discorde attendues entre Barack Obama et ses pairs d'Amérique latine, les questions de Cuba et des îles Malouines. Exclue de l'OEA depuis 1962, date de l'embargo économique imposé par la Maison blanche, l'île communiste n'a jamais demandé sa réintégration comme le lui a proposé l'organisation lors de la précédente édition en 2009.

Lors d'une réunion préparatoire, les ministres des Affaires étrangères ont à nouveau constaté que seuls les Etats-Unis et le Canada s'opposaient à la réintégration de Cuba et au soutien de la revendication de l'Argentine sur les îles Malouines, 30 ans après le conflit perdu face à la Grande-Bretagne. «Ou ils écoutent et rectifient à temps ou ce type de sommets n'existera plus», a menacé le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro. Le président équatorien, Rafael Correa, a décidé de boycotter le sommet afin de protester contre la mise à l'écart de Cuba. Un doute plane aussi sur la présence de son allié du Venezuela, Hugo Chavez, en raison de son état de santé, affaibli des suites d'un cancer.