Les islamistes égyptiens appellent à «protéger la révolution»

Avec Reuters

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Les Frères musulmans, dont le parti domine le Parlement égyptien, ont appelé ce mercredi leurs partisans à descendre massivement dans la rue vendredi pour dénoncer la candidature de l'ancien chef des services de renseignement d'Hosni Moubarak à l'élection présidentielle.

Omar Souleimane, 74 ans, promu au poste de vice-président pendant la révolution et qui annonça par un communiqué laconique la démission de son ancien mentor le 11 février 2011, a déposé son dossier de candidature le week-end dernier, à quelques heures de l'expiration du délai imparti.

Les islamistes, qui préparent un projet de loi pour exclure de la vie politique toute personne qui a occupé des fonctions officielles pendant les dix dernières années du régime Moubarak, ont aussitôt réagi en appelant les Egyptiens à «protéger la révolution».

Une plainte contre sa candidature

La candidature de Souleimane, ennemi juré des islamistes qu'il a combattus pendant plus de deux décennies, a coïncidé avec l'annonce que le candidat des Frères musulmans, Khaïrat al Chater, pourrait être rejetée en raison de deux condamnations à des peines de prison à l'époque d'Hosni Moubarak.

L'avocat de la confrérie a déclaré que le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir avait effacé le casier judiciaire de Khaïrat al Chater, mais cette annonce n'a pas été confirmée de source officielle.

Une plainte déposée contre sa candidature est en cours d'examen, à six semaines du premier tour du scrutin (23-24 mai). Le parti Liberté et Justice (PLJ) a précisé qu'en cas d'invalidation, il a un candidat remplaçant en réserve. Chater a qualifié de son côté la candidature de Souleimane «d'insulte pour la révolution».

Les tensions entre les islamistes et l'armée sont aussi alimentées par la décision prise mardi par le tribunal administratif du Caire de geler les travaux de l'Assemblée constituante formée à l'initiative du Parlement, jugée "pas assez représentative" de la société égyptienne.