Le gouvernement tunisien rétablit le droit de manifester

Avec Reuters

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Le gouvernement tunisien, dominé par les islamistes d'Ennahda, est revenu ce mercredi sur sa décision d'interdire les manifestations dans le centre de la capitale et a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les violents incidents qui ont émaillé une manifestation interdite mardi.

Durant ces heurts, les plus graves depuis plusieurs mois, des journalistes de Reuters ont vu des manifestants s'évanouir en raison des gaz et d'autres prendre la fuite en titubant après avoir reçu des coups.

Des manifestants ont accusé Ennahda de se comporter en «nouveaux Trabelsi», le clan honni de l'épouse de l'ex-président Ben Ali et accusé par les Tunisiens de corruption dans les dernières années du règne de Zine ben Ali. «Les gens en ont marre des nouveaux Trabelsi !», scandait la foule.

Préserver l'activité des commerçants du centre de Tunis

Le ministre de l'Intérieur, Ali Larayed, a annoncé mercredi la formation d'un comité qui sera chargé de faire la lumière sur les violences et précisé que les manifestations seraient désormais autorisées sur l'avenue Habib Bourguiba sous réserve que leur trajet et durée soit validés.

«Nous avons pris la décision de les autoriser en raison des accusations contre le gouvernement et le ministère de l'Intérieur et parce que leur interdiction était devenue un prétexte pour critiquer le gouvernement», a déclaré Ali Larayed.

L'interdiction des manifestations avait été décidée pour préserver l'activité des commerçants du centre de Tunis et après l'agression d'acteurs et d'artistes par des manifestants salafistes devant le théâtre national.