Russie: Des députés quittent la Douma pour protester contre des propos de Vladimir Poutine

avec AFP

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Des députés russes ont quitté mercredi la Douma (chambre basse du Parlement) en signe de protestation, infligeant un camouflet sans précédent au président élu Vladimir Poutine qui y présentait son bilan comme Premier ministre et les grandes lignes de sa politique à venir.
Des députés russes ont quitté mercredi la Douma (chambre basse du Parlement) en signe de protestation, infligeant un camouflet sans précédent au président élu Vladimir Poutine qui y présentait son bilan comme Premier ministre et les grandes lignes de sa politique à venir. — Kirill Kudryavtsev afp.com

Des députés russes ont quitté ce mercredi la Douma (chambre basse du Parlement) en signe de protestation, infligeant un camouflet sans précédent au président élu Vladimir Poutine qui y présentait son bilan comme Premier ministre et les grandes lignes de sa politique à venir.

Les députés du parti d'opposition Russie juste (64 sur 450 députés) ont quitté la salle pour protester contre les propos Vladimir Poutine sur une grève de la faim à Astrakhan (sud-ouest de la Russie), observée depuis le 16 mars par un ancien membre du parti, Oleg Cheïn, et plusieurs de ses partisans.

Ceux-ci dénoncent la victoire, émaillée de fraudes selon eux, du candidat du parti de Vladimir Poutine aux municipales du 4 mars à Astrakhan. «Pour autant que je sache, votre collègue Cheïn a commencé sa grève de la faim mais il ne s'est toujours pas pourvu en justice. Franchement, c'est plutôt bizarre», a déclaré Vladimir Poutine, qui le 7 mai sera investi à la présidence pour un nouveau mandat de six ans, après quatre ans comme Premier ministre. «Pourquoi faire la grève de la faim, alors que le tribunal peut encore tirer les choses au clair», a-t-il déclaré, tout en affirmant ne pas connaître les détails de l'affaire.

Mouvement de contestation inédit

Cet événement est un sérieux camouflet pour l'homme fort du pays, par ailleurs confronté après les législatives de décembre à un mouvement de contestation inédit depuis son arrivée au pouvoir en 2000. Remportées par le parti au pouvoir Russie unie, ces législatives ont été marquées selon des observateurs indépendants par des fraudes massives, poussant des dizaines de milliers de Russes à descendre dans la rue.

A la faveur de ce mouvement, Russie juste, qui avait travaillé pendant des années avec le parti au pouvoir, s'est lui aussi mis à critiquer le régime. Dans son discours introductif à la Douma, Vladimir Poutine n'avait fait que de maigres allusions à cette vague de contestation, concédant tout juste que le pays avait traversé "une période tendue pendant les élections législatives et présidentielle».

Il s'est en revanche félicité des performances économiques de son gouvernement, affirmant que le pays était devenu «plus fort» depuis la crise de 2008.