Les parfaits boucs émissaires

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Le procès de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens, a été reporté au 13 juin avec le maintien en prison des six accusés.
Le procès de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens, a été reporté au 13 juin avec le maintien en prison des six accusés. — AFP/HO/Archives

L'espoir d'une libération. Le procès de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, accusés d'avoir volontairement inoculé le sida à 426 enfants libyens hospitalisés à Benghazi, reprend aujourd'hui. Emprisonnés depuis 1999, torturés selon leurs avocats, ils ont été condamnés à mort, le 6 mai 2004. Avec l'aide de l'association Avocats sans frontières France, basée à Toulouse et présidée par François Cantier, un recours a été déposé en 2005 devant la Cour suprême de Libye. Cette dernière a annulé la condamnation à mort le 25 décembre dernier et a chargé la cour criminelle de Tripoli, la capitale, de réinstruire le dossier et de rejuger les infirmières et le médecin.

Pour leurs défenseurs, qui vont demander dès aujourd'hui leur mise en liberté, l'innocence des accusés semble avérée, comme l'explique François Cantier. Certains enfants auraient été contaminés avant l'arrivée des accusés à l'hôpital de Benghazi, qui manque par ailleurs cruellement d'hygiène. Mais il fallait un bouc émissaire. Reste qu'un 52e enfant vient de mourir du sida. Tout en faisant pression sur Tripoli pour que ces infirmières et ce médecin soient libérés, la communauté internationale a constitué un fonds pour aider la Libye à combattre l'épidémie.

Clémence Lemaistre