Abbas sort l'arme du référendum

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Sur le plan politique palestinien, M. Abbas a annoncé samedi que le premier référendum jamais organisé par les Palestiniens et qualifié de "coup d'Etat" par le Hamas, se tiendrait le 26 juillet.
Sur le plan politique palestinien, M. Abbas a annoncé samedi que le premier référendum jamais organisé par les Palestiniens et qualifié de "coup d'Etat" par le Hamas, se tiendrait le 26 juillet. — Khalil Hamra AFP/Pool

Mahmoud Abbas s'est montré inflexible. Face à l'échec des négociations avec le Hamas, le président de l'Autorité palestinienne a convoqué samedi un référendum sur un document reconnaissant implicitement Israël. Date retenue : le 26 juillet. Le Hamas, au pouvoir au gouvernement depuis mars, a aussitôt crié au « coup d'Etat ». L'organisation affirme que ce référendum revient à remettre en cause sa victoire aux législatives de janvier. Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a mis en garde contre une « division historique » entre les Palestiniens. Il les a appelés à boycotter le scrutin, comme l'a fait vendredi le nº 2 d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri. Haniyeh devait s'entretenir avec Abbas hier soir, avant de se rendre aujourd'hui au Parlement, réuni en session extraordinaire pour débattre de la légitimité de la consultation.

Mahmoud Abbas a toutefois laissé une porte de sortie au Hamas en affirmant que le référendum deviendrait inutile si le mouvement se décidait à accepter le document, et ce « même à la veille » de la consultation.

D'après les sondages, 70 % à 80 % de la population voterait « oui » au texte, qui prévoit la fin des attentats en Israël et l'établissement d'un Etat palestinien sur les territoires occupés en 1967. Un chiffre à prendre néanmoins avec prudence, les sondages n'ayant pas prévu la victoire écrasante du Hamas aux élections. Reste que, si le « document des prisonniers » est adopté, Mahmoud Abbas devrait reprendre la main face au Hamas, lequel refuse de reconnaître l'Etat hébreu, et a plongé la population dans une grave crise financière après la suspension de l'aide directe internationale. L'enjeu est d'autant plus grand que les territoires sont au bord de la guerre civile, et que la branche armée du Hamas vient de rompre la trêve avec Israël.

Faustine Vincent