Démolitions et expulsions à Bakou pour accueillir l'Eurovision

Reuters

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Certains défenseurs des droits de l'homme accusent le président azerbaïdjanais Ilham Aliev d'avoir foulé aux pieds les droits de son peuple en faisant raser des habitations dans le seul but d'ériger un «palais de cristal» destiné à accueillir la finale de l'Eurovision, le 26 mai, à Bakou. Selon des organisations de défense des droits de l'homme, des bâtiments du centre de la capitale ont été rasés et leurs habitants expulsés dans le secteur où a été construit la salle qui accueillera l'Eurovision, au bord de la Caspienne.

«Non seulement le gouvernement azerbaïdjanais détruit des maisons, mais il détruit la vie de certaines gens», a déclaré Jane Buchanan, de l'ONG Human Rights Watch. «L'Eurovision donne au gouvenement azerbaïdjanais une occasion de montrer Bakou à des milliers de visiteurs et à des millions de téléspectateurs», ajoute-t-elle. «Mais ce que fait plutôt le gouvernement azerbaïdjanais, c'est montrer son mépris pour les droits de l'homme en obligeant des gens à renoncer à leurs maisons à quelques pas du lieu où aura lieu l'Eurovision», continue-t-elle.

Un lifting à 60 millions de dollars

Certains détracteurs du pouvoir azerbaïdjanais estiment que le lifting qu'a subi Bakou ces derniers temps, d'un montant de 50 millions de manats (60 millions de dollars) est destiné à cacher le fossé entre riches et pauvres, et la corruption rampante. Certains de ceux qui ont été expulsés de chez eux estiment que les dédommagements n'ont pas été à la hauteur.

«Il est impossible de trouver un logement décent avec l'argent qu'ils nous ont versé», a déclaré à Reuters à Bakou un homme de 35 ans, qui a refusé de donner son nom de famille par peur de représailles. Cet homme a dû quitter en mars le deux-pièces où il vivait depuis 25 ans. Il a reçu des autorités 88.500 manats, soit 113.000 dollars, alors qu'un appartement de deux pièces coâte en moyenne 200.000 dollars dans le centre de Bakou.