Mali: L'ONU demande un cessez-le-feu, une branche de la rébellion annonce la fin des combats

CRISE La montée en puissance des islamistes, qui ont annoncé leur intention d'imposer la charia dans leur zone, inquiète au sein de la communauté internationale...

© 2012 AFP

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Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé mercredi un cessez-le-feu immédiat dans le nord du Mali, où la composante laïque de la rébellion touareg, aujourd'hui supplantée par les groupes islamistes, a annoncé la fin de ses "opérations militaires".
Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé mercredi un cessez-le-feu immédiat dans le nord du Mali, où la composante laïque de la rébellion touareg, aujourd'hui supplantée par les groupes islamistes, a annoncé la fin de ses "opérations militaires". — Issouf Sanogo afp.com

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé mercredi un cessez-le-feu immédiat dans le nord du Mali, où la composante laïque de la rébellion touareg, aujourd'hui supplantée par les groupes islamistes, a annoncé la fin de ses «opérations militaires». Dans une déclaration proposée par la France, les 15 membres du Conseil de sécurité ont aussi réclamé le retour à un gouvernement légitime à Bamako où une junte militaire a renversé le président Amadou Toumani Touré il y a deux semaines.

Profitant du putsch de Bamako, rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux. Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) ont depuis lors pris le dessus sur le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

Volonté d'imposer la charia

La montée en puissance de ces islamistes, qui ont annoncé leur intention d'imposer la charia dans leur zone, a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale, en particulier de la France qui a obtenu mercredi le vote d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Les membres du Conseil se sont «inquiétés de la présence dans la région du groupe terroriste Aqmi», ce qui pourrait «déstabiliser encore davantage la situation».

Ils ont invité les rebelles à «cesser immédiatement toute violence et à rechercher une solution pacifique par un dialogue politique», et «condamné fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire auxquels se livrent» ces groupes rebelles. Depuis Bamako, la junte du capitaine Amadou Sanogo a dénoncé «de graves violations des droits de l'homme» dans le nord, et plus particulièrement à Gao, depuis «l'invasion des combattants MNLA, Ansar Dine et Aqmi».

«Les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y dictent leur loi», a affirmé la junte. Le nord du Mali est aujourd'hui un trou noir, devenu totalement inaccessible à la presse et aux organisations internationales. De nombreux habitants ont fait état de saccages et pillages à Gao et Tombouctou.

Report de la «convention nationale»

A Bamako, les putschistes ont annoncé mercredi soir le report de la «convention nationale» qui devait s'y ouvrir ce jeudi, à leur initiative, première étape d'une «transition» voulue par les putschistes mais dont ils n'ont pas précisé la durée. Ils affirment avoir consulté différentes parties qui ont souhaité «une meilleure préparation matérielle» et précisent que «la nouvelle date (...) sera annoncée d'un commun accord avec l'ensemble des sensibilités concernées».

Un front anti-junte, rassemblant une cinquantaine de partis politiques et une «centaine» d'associations et organisations syndicales, a rejeté toute participation à une telle convention. Une coalition pro-junte, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), a elle exhorté la junte «à demeurer fermes et à désormais rejeter entièrement les diktats des impérialistes français et occidentaux».