Norvège: Le tueur norvégien Anders Breivik nie avoir agi par folie

Reuters

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Anders Behring Breivik, l'homme qui a tué 77 personnes le 22 juillet dernier en Norvège, entend contester lors de son procès le diagnostic de «folie criminelle» établi par les psychiatres, révèlent des extraits d'une lettre publiés ce mercredi. Breivik, militant d'extrême-droite de 33 ans, comparaîtra à partir du 16 avril prochain pour avoir tué huit personnes dans un attentat à la voiture piégée à Oslo avant d'abattre à l'aide d'armes à feu 69 participants d'un camp de jeunes du Parti travailliste près de la capitale.

Dans une lettre de 38 pages, écrite dans sa cellule et transmise à plusieurs organes de presse, l'homme estime qu'être reconnu pénalement fou lui est insupportable. «Je dois admettre que c'est la pire chose qui pouvait m'arriver car cela constitue l'humiliation ultime», écrit-il. «Envoyer un militant politique en asile psychiatrique est plus sadique et mauvais que de le tuer», ajoute-t-il. Breivik avait expliqué son geste en affirmant vouloir protéger son pays contre le multiculturalisme. «Je savais, évidemment, distinguer le bien du mal, mais j'ai agi de manière instinctive», écrit-il encore.

Les deux experts incapables de se montrer objectifs

Selon lui, les deux experts chargés de son évaluation psychiatrique, Torgeir Husby et Synne Soerheim, ont été incapables de se montrer objectifs lors des examens. «Husby a déclaré à plusieurs reprises que ce que j'avais fait était bestial et j'ai eu le sentiment qu'il me considérait comme un animal sauvage qui devait être enfermé et drogué à tout prix», explique-t-il. «Est-ce que deux experts psychiatres désignés par la justice et aussi affectés émotionnellement par le 22 juillet peuvent se révéler incapables d'être objectifs?» interroge-t-il.

Breivik assistera à son procès qui devrait durer deux semaines, quelles que soient les conclusions du rapport psychiatrique. Son avocat a annoncé qu'il ferait comparaître à la barre des témoins démontrant que son client n'est pas fou et que ses opinions sont partagées par d'autres. Si les magistrats reconnaissent la folie présumée de Breivik, celui-ci pourrait être interné dans une institution spécialisée de haute sécurité. Dans le cas contraire, il pourrait être condamné à 21 ans de réclusion criminelle, une peine qui pourrait ensuite être prolongée en raison de la dangerosité du condamné.