Mali: Ruée vers les stations-services à Bamako

Reuters

— 

Les habitants de Bamako font des réserves d'essence au lendemain de l'annonce par les voisins du Mali de sanctions économiques et diplomatiques destinées à contraindre la junte militaire à rendre le pouvoir aux civils.

Ces sanctions sont entrées en vigueur alors que dans le nord du pays les séparatistes touaregs et les islamistes qui se sont emparés ce week-end de Kidal, Gao et Tombouctou, les trois principales villes, tenteraient d'y imposer la loi islamique.

«Je fais le plein maintenant en cas de pénurie», explique un habitant de Bamako dans une station-service, avant de repartir avec quatre jerrycans. Après lui, une cinquantaine d'autres clients formet une longue file d'attente.

Remettre le pouvoir aux civils

L'essentiel du carburant consommé au Mali provient de Côte d'Ivoire et l'embargo, s'il est mis en oeuvre pleinement, risque de mettre l'économie malienne à genoux très rapidement.

Les membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) sont convenus lundi de fermer leurs frontières avec le Mali et de geler ses fonds à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pour contraindre les auteurs du putsch du 22 mars à rétablir l'ordre constitutionnel.

Ils envisagent en outre d'«activer» la force militaire de l'organisation, mais on ignore quand et avec quel mandat des troupes ouest-africaines pourraient intervenir.

Les putschistes du comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE), emmenés par le capitaine Amadou Sanogo, ont pris acte de ces sanctions et se sont à nouveau engagés à remettre le pouvoir aux civils, sans toutefois avancer de date.