La Guinée équatoriale dénonce la justice française et menace Paris

Reuters

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Le gouvernement de Guinée-Equatoriale a vivement condamné ce vendredi la décision de la justice française de réclamer l'arrestation du fils du président Teodoro Obiang Nguema pour blanchiment d'argent et évoque d'éventuelles représailles.

Deux juges français ont demandé un mandat d'arrêt international contre Teodorin Nguema Obiang, actuel ministre de l'Agriculture, dans le cadre de l'enquête sur le patrimoine en France du chef de l'Etat, a-t-on appris de source judiciaire à Paris. Le procureur n'a toujours pas répondu à leur requête. Les magistrats estiment qu'il existe des soupçons de détournement de fonds publics dans l'acquisition d'un très important patrimoine, notamment immobilier, en France par Teodorin Obiang Nguema. Dans un communiqué très offensif, les autorités de Malabo estiment que cette décision constitue une «véritable provocation».

«Conséquences néfastes» de la décision de justice

«Si la France veut une rupture unilatérale des relations avec la Guinée-Equatoriale, elle devrait le dire clairement», ajoute le texte. Malabo dit «se réserver le droit de réciprocité», précisant que les entreprises françaises opérant en Guinée-Equatoriale risqueraient de subir «les conséquences néfastes» de la décision de justice.

Dans le cadre de l'enquête, la police française a effectué des perquisitions dans un immeuble appartenant à la Guinée-Equatoriale à Paris, sur la très chic avenue Foch, saisissant des oeuvres d'art, du mobilier ancien et des vins fins d'une valeur estimée à plusieurs millions d'euros. Pour Malabo, cette dernière opération constitue une violation de la Convention de Vienne sur le statut diplomatique. L'ancienne colonie portugaise du golfe de Guinée est devenue ces dernières années le troisième producteur de pétrole d'Afrique sub-saharienne après le Nigeria et l'Angola.