Deux navires anti-feu en renfort

William Molinié(Avec Reuters)

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La poche de gaz se situe à 4 000 m de profondeur, ce qui pourrait compliquer les réparations.
La poche de gaz se situe à 4 000 m de profondeur, ce qui pourrait compliquer les réparations. — M. LANGER / GREENPEACE INTERNATIONAL / SIPA

Course contre-la-montre pour Total en mer du Nord. Le géant pétrolier a annoncé jeudi avoir repéré l'origine de la fuite de gaz sur sa plateforme d'Elgin (Ecosse), qui a été évacuée dimanche dernier. La torchère brûlait toujours jeudi, faisant craindre des risques d'explosion. Total a envoyé deux navires de lutte contre les incendies, stationnés à l'extérieur de la zone d'exclusion établie autour de la fuite.
Il est désormais établi que la poche de gaz se situe à 4 000 m de profondeur, ce qui pourrait compliquer les périlleuses réparations. « La fuite provient d'un puits qui a été connecté il y a un an », a déclaré une porte-parole de Total à Aberdeen, en Ecosse.

1,5 million de dollars perdus chaque jour par Total
Les ingénieurs estiment qu'un risque d'explosion ne peut pas être écarté si les vents ou les conditions météo venaient à changer. « Le vent pousse le nuage de gaz dans la direction opposée. Ces circonstances sont [actuellement] favorables », a indiqué le directeur de la communication de Total, Jacques-Emmanuel Saulnier. « Cette fuite ne vient pas d'un réservoir exploité par Total, mais d'une poche naturelle située au-dessus de l'un d'entre eux », a-t-il complété, ajoutant qu'« un nuage de gaz présentait toujours un risque d'inflam­mation ». Les ingénieurs ne peuvent d'ailleurs pas se rendre sur place à cause de la présence de gaz toxiques et potentiellement explosifs. Enfin, le groupe a envoyé un navire-robot afin d'explorer les fonds marins. Chaque jour, la plate-forme laisserait echapper 200 000 mètres cubes de gaz. D'après Les Echos, la perte quotidienne pour Total se monterait à 1,5 million de dollars (1,12 million d'euros), sans compter les coûts d'intervention et de nettoyage. S'il est encore trop tôt pour chiffrer avec certitude les conséquences financières, les analystes estiment que cet « incident » n'est pas aussi grave que le naufrage de la plateforme BP dans le golfe du Mexique en 2010, qui avait entraîné une marée noire.