L'Otan accusée de négligence après la mort de réfugiés libyens

Reuters
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Un rapport de l'Assemblée  parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) publié ce jeudi pointe la  responsabilité de l'Otan et de l'Italie dans la mort, en Méditerranée,  de réfugiés fuyant la Libye en guerre durant l'année 2011.

L'affaire sur laquelle ont enquêté les parlementaires concerne un  canot pneumatique parti le 26 mars 2011 de Tripoli avec 72 passagers  laissés sans eau ni nourriture et qui, en dépit de ses appels au  secours, sera rejeté sur les côtes libyennes quinze jours plus tard, ne  comptant plus que neuf survivants à son bord.

«Il semblerait que les appels de détresse du bateau aient été  ignorés par plusieurs navires de pêche, par un hélicoptère militaire et  par un important bâtiment de la marine», souligne le rapport de la  socialiste néerlandaise Tineke Strik, confirmant des informations  données à l'époque par le quotidien britannique The Guardian.

Un rapport pointe des défaillances

L'Otan, dont les forces navales et aériennes appuyaient en Libye les  forces révolutionnaires hostiles au régime du colonel Khadafi, «avait  déclaré le secteur zone militaire sous son contrôle, mais n'a pas réagi  aux appels de détresse envoyés par le Centre de coordination de  sauvetage maritime de Rome», souligne le rapport.

«D'après une source fiable», deux bâtiments de l'Alliance, une  frégate espagnole et un navire italien, se trouvaient pourtant dans les  parages du canot, dit-il, précisant qu'un hélicoptère militaire et un «gros bâtiment de la marine» non identifiés, sont entrés en contact avec  ses passagers avant de disparaître.

Le rapport pointe les défaillances du Centre de coordination de  sauvetage maritime italien qui a diffusé l'alerte sans s'assurer que le  sauvetage de l'embarcation était assuré.

Il accuse l'Otan de n'avoir «pas assumé toutes ses responsabilités  car les communications relatives au navire en détresse n'ont pas été  transmises par le quartier général de l'Otan à Naples aux vaisseaux  placés sous son contrôle».

Le rapport, qui doit être adopté en avril par l'APCE souligne en  préambule qu'en 2011, «au moins 1.500 personnes ont perdu la vie en  tentant de traverser la mer Méditerranée».