Sénégal: Le pays vit une transition démocratique pacifique

SÉNÉGAL doulaye Wade a reconnu sa défaite face à Macky Sall...

Armelle Le Goff

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Abdoulaye Wade à Dakar (Sénégal) le 31 janvier 2012.
Abdoulaye Wade à Dakar (Sénégal) le 31 janvier 2012. — REUTERS/Stringer

Le «Gorgui» [vieux en wolof] n’a pas attendu les résultats officiels attendus lundi ou ce mardi pour reconnaître sa défaite. En milieu de soirée dimanche, il a appelé son ancien Premier ministre [2004 à 2007] pour le féliciter de sa victoire. Abdoulaye Wade s’apprête à quitter le pouvoir, après douze années à la tête de l’Etat, sans coup férir. Son entêtement à briguer un troisième mandat en dépit de la Constitution et des manifestations de l’opposition aurait pu laisser penser le contraire. De même que sa campagne, très active, voire agressive ces dernières semaines, aurait pu laisser penser le contraire.

Une nouvelle génération au pouvoir

Mais les urnes ont parlé et Abdoulaye Wade a joué le jeu démocratique ainsi qu’«il en avait lui même bénéficié lors de l’alternance avec Abdou Diouf en 2000», souligne Marie Brossier, chercheur en Sciences politiques et spécialiste du Sénégal.

Alors que le Mali voisin est aux prises avec un putsch militaire qui pourrait faire basculer cette démocratie dans l’instabilité politique, le Sénégal témoigne avec cette alternance pacifique de sa vitalité démocratique. Le nouvel élu, âgé de 50 ans, incarne en outre une nouvelle figure générationnelle bienvenue dans un pays où les moins de 20 ans représentent 55% de la population.

Issu d’un milieu modeste de la petite ville de Fatick, il a promis de lutter contre la corruption et la pauvreté et de baisser les prix du riz et d’autres produits de première nécessité. «En sillonnant le pays, j’ai pu mesurer l’énormité des défis qui m’attendent à la tête du pays», expliquait-il la semaine dernière lors d’une rencontre à Dakar avec les professionnels du monde de la santé. Mais pour ses détracteurs, il peine à incarner la rupture du fait de son long compagnonnage au sein aux côtés d’Abdoulaye Wade et de son parti, le PDS.