Hezbollah: «Nous refusons de désarmer»

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La majorité parlementaire antisyrienne, menée par Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre assassiné, a estimé que les nouvelles dispositions du Hezbollah et d'Amal à discuter du sort du président Lahoud signifiait que ces partis ne considèrent plus comme un tabou son maintien à la tête de l'Etat.
La majorité parlementaire antisyrienne, menée par Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre assassiné, a estimé que les nouvelles dispositions du Hezbollah et d'Amal à discuter du sort du président Lahoud signifiait que ces partis ne considèrent plus comme un tabou son maintien à la tête de l'Etat. — AFP

Interview du Dr Ahmad Melle, membre du Conseil politique du Hezbollah.

Pourquoi un tel embrasement il y a dix jours face à Israël ?

L'escalade a commencé par la mort de deux membres du Djihad islamique, il y a deux semaines. Pour nous, Israël en est à l'origine. Le Premier ministre, Ehoud Olmert, a besoin de montrer qu'il tient les rênes du pouvoir. Il est dans la surenchère. Dans ce contexte, le rôle de la Résistance islamique consiste à défendre les territoires libanais.

Pourquoi avez-vous accepté le désarmement des Palestiniens au Liban ?

Nous avons donné notre accord mais, pour autant, nous ne confondons pas la cause et le résultat. La cause de la présence armée des Palestiniens, c'est l'agression israélienne de 1948. Le résultat, c'est que 400 000 Palestiniens vivent au Liban dans des conditions misérables. C'est problématique pour notre pays, nous avons donc accepté qu'ils soient désarmés. Mais c'est la cause de la présence des Palestiniens qu'il faut résoudre en priorité. La seule solution, c'est l'application de la résolution 194 de l'ONU [qui stipule le droit au retour des réfugiés palestiniens].

La conférence du Dialogue doit se pencher, aujourd'hui, sur les armes du Hezbollah. Quelle va être votre position ?

Nous refusons de désarmer mais aussi d'intégrer l'armée libanaise. Si nous le faisions, Israël risquerait d'attaquer le Liban et non la Résistance islamique, comme aujourd'hui. Intégrer l'armée serait donc trop dangereux. Baisser les armes aussi.

N'avez-vous pas le sentiment d'être utilisé par la Syrie, qui vous soutient mais ne résiste pas contre Israël au Golan ?

C'est vrai que le statu quo qui prévaut au Golan n'a pas permis sa libération. Mais au Liban, notre formule a réussi. Je ne me pose pas plus de questions. Je suis libanais, je suis résistant et je fais mon devoir.

Recueilli par Marine Hardouin à Beyrouth (Liban)