Mali: La président Amadou Toumani Touré «en sécurité» non loin de Bamako

MONDE L'ambassade de France conseillé aux ressortissants d'«éviter de sortir le plus possible, sauf nécessité absolue de ravitaillement»...

E.O., avec agences

— 

Bamako, la capitale du Mali, le 21 mars 2012.  Des soldats ont proclamé avoir renversé le président Toumani, ont fermé les frontières et décrété un couvre-feu.
Bamako, la capitale du Mali, le 21 mars 2012.  Des soldats ont proclamé avoir renversé le président Toumani, ont fermé les frontières et décrété un couvre-feu. — Harouna Traore/AP/SIPA

L'Union africaine a annoncé, ce vendredi, disposer d'informations selon lesquelles le président malien Amadou Toumani Touré, renversé la veille par des officiers subalternes, serait en sécurité dans les environs de la capitale, Bamako. «On nous a fait savoir que le chef de l'Etat est en sécurité, sous la protection d'un certain nombre de loyalistes», a déclaré à la presse Jean Ping, président de la Commission de l'UA. «Le président se trouve au Mali, c'est certain. Les assurances que nous recevons de ceux qui le protègent disent qu'il ne se trouve pas très loin de Bamako», a-t-il dit.

Un peu plus tôt dans la journée, l'Union africaine (UA) avait annoncé la suspension du Mali, au lendemain du coup d'Etat militaire survenu à Bamako. «Le Conseil a décidé que le Mali devrait être suspendu sine die de toute nouvelle participation jusqu'au retour effectif de l'ordre constitutionnel», a déclaré Paul Lolo, président du Conseil de paix et de sécurité de l'organisation panafricaine dont le siège est en Ethiopie.

La situation reste très instable au dans le pays, au lendemain du putsch qui a renversé le président Amadou Toumani Touré. Des coups de feu sporadiques ont encore été entendus jeudi soir à Bamako, la capitale du pays, et au moins trois personnes ont été tuées lors de ce coup d'Etat annoncé par des militaires qui ont fermé les frontières et décrété un couvre-feu nocturne.

>> Vous êtes sur place? Vous vivez en France mais souhaitez témoigner sur les événements actuels? Envoyez-nous vos réactions, photos et vidéos à reporter-mobile@20minutes.fr.

L'ambassade de France au Mali a conseillé ce vendredi aux ressortissants français d'«éviter de sortir le plus possible, sauf nécessité absolue de ravitaillement» et de «respecter impérativement le couvre feu (18h à 6h)». La Commission européenne a quant à elle annoncé qu'elle avait suspendu ses opérations de développement au Mali. Le commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, a précisé que cette décision n'affecterait pas l'aide humanitaire à cet Etat sub-saharien et a renouvelé la demande de l'UE pour un rétablissement de l'ordre constitutionnel et la tenue d'élections démocratiques le plus tôt possible.

 

Touré en sécurité près de Bamako

Par ailleurs, selon l’UA, Amadou Toumani Touré serait en sécurité dans les environs de Bamako, «sous la protection d'un certain nombre de loyalistes».

Tout a commencé mercredi lorsque des soldats se sont mutinés pour réclamer plus de moyens pour la guerre contre les rebelles dans le Nord, immense région désertique également en proie à des activités de groupes islamistes armés, dont Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). La mutinerie, partie de la ville garnison de Kita (15 km de Bamako), a gagné Koulouba (près de Bamako) où se trouve la présidence, puis la capitale et Gao (nord-est), abritant un commandement anti-rébellion de l'armée.

«Plus une seule caméra

Plusieurs personnes ont été arrêtées, dont des membres du gouvernement de Amadou Touré et des chefs militaires loyalistes à Gao, selon des sources concordantes. Les putschistes ont fustigé «l'incapacité» du gouvernement «à gérer la crise» dans le Nord, promettant de «restaurer le pouvoir» civil et d'installer un gouvernement d'union nationale. Jeudi soir, ils semblaient peiner à contrôler des auteurs de saccages et de pillages. Au siège de la radio-télévision publique ORTM, «il ne reste plus une seule caméra», des soldats ont emporté divers biens publics et privés, selon des employés.

Par ailleurs, selon Reuters, qui cite des sources informées, les rebelles touaregs ont profité de la confusion provoquée par le coup d'Etat à Bamako pour gagner du terrain dans le nord du Mali, en s'emparant de positions abandonnées par les forces gouvernementales.