Sénégal: «Il peut y avoir des violences» selon Macky Sall

SENEGAL Macky Sall craint qu'Abdoulaye Wade n'accepte pas le résultat de la présidentielle sénégalaise...

Recueilli par Armelle le goff

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Macky Sall a recueilli 26 % des voix au premier tour.
Macky Sall a recueilli 26 % des voix au premier tour. — photo : Vincent Wartner / 20 Minutes

De notre envoyée spéciale à Dakar

Macky Sall affrontera Abdoulaye Wade, le président sortant, lors du second tour de la présidentielle, le dimanche 25 mars. Avec 26% des suffrages lors du premier tour et le ralliement de Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, qui ont réuni 13 et 11% des voix, le candidat de l'Alliance pour la République (APR) est le mieux placé pour gagner, mais il n'exclut aucune hypothèse…

Mathématiquement, vous êtes favori. Etes-vous confiant ?

Je suis confiant en ce qui concerne ma victoire dans les urnes, mais je suis préoccupé par la volonté du pouvoir de créer des contre-feux violents. Des milices privées auraient été recrutées pour agresser, et cela me paraît inquiétant.
Vous avez été le Premier ministre de Wade de 2004à 2007.

Que répondez-vous à ceux qui disent que Macky Sall et Abdoulaye Wade, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ?

C'est un slogan, mais ce n'est pas la vérité. Tout homme politique se construit son destin. Mon chemin a croisé celui d'Abdoulaye Wade vers qui je suis venu lorsque j'avais 27 ans et auprès de qui j'ai commencé et construit ma vie politique durant dix-sept ans. Mais on s'est séparé du fait de positions inconciliables [en 2008, en tant que président de l'Assemblée, il a convoqué Karim Wade, le fils du Président, pour des malversations financières, ce qui a créé la rupture avec Abdoulaye Wade] et, aujourd'hui, on n'a clairement pas la même vision des priorités. Si je suis élu, je conserverai évidemment ce qu'il a fait de bien. Mais pour le reste, on mettra de l'ordre dans de nombreux dossiers…

Certains critiquent vos soutiens à l'étranger ou font de vous le candidat de la France et/ou de l'industriel Vincent Bolloré. Que leur répondez-vous?

Ce sont des accusations fausses et malhonnêtes alimentées par le camp d'Abdoulaye Wade ! Je n'ai aucun lien avec Bolloré que je ne connais même pas, et je ne suis pas le candidat de la France. Cela fait quatre ans, depuis la création de l'Alliance pour la République (APR), que je sillonne le pays, car j'ai compris que ce sont les citoyens qui ont le pouvoir.

Vous craignez des violences à l'issue de ce second tour?

Bien sûr. Si le résultat des urnes n'est pas accepté, il risque d'y avoir des violences. Si Wade ne reconnaît pas la légitimité du scrutin et refuse de quitter le pouvoir, nous entrerons en résistance légitime. Une résistance légitime…

Et pacifique?

Quand on distribue des gourdins et des armes blanches, il ne faut pas s'étonner que le camp d'en face réagisse. Nous ne serons pas responsables de la violence, mais nous y répondrons.