Troubles entre Kaladis et Sirakus au Timor

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Le Premier ministre du Timor oriental, Mari Alkatiri, a une nouvelle fois rejeté vendredi les appels à sa démission lancés par la rébellion, tandis que de nouveaux incidents isolés éclataient dans la capitale Dili.
Le Premier ministre du Timor oriental, Mari Alkatiri, a une nouvelle fois rejeté vendredi les appels à sa démission lancés par la rébellion, tandis que de nouveaux incidents isolés éclataient dans la capitale Dili. — William West AFP

Le Timor Oriental ne s'apaise pas. Un millier de personnes (sur un million d'habitants) ont défilé hier à Dili, capitale de l'île indépendante depuis 2002, pour exiger la démission du Premier ministre, Mari Alkatiri. Celui-ci cristallise les rancoeurs d'un des pays les plus pauvres du globe qui avait espéré sous l'occupation indonésienne (1975-1999) que le développement viendrait avec l'indépendance. A l'origine des violences qui ont éclaté il y a plus d'un mois, la désertion d'un tiers de l'armée, 600 soldats s'estimant discriminés en tant que Kaladis (habitant de l'Ouest). « Ils ont demandé au président Gusmão d'intervenir, selon le mode traditionnel des royautés timoraises, explique Frédéric Durand*, maître de conférences à l'université de Toulouse-Le Mirail. Mais, conformément aux nouvelles institutions, il les a renvoyés devant le gouvernement, qui a promis d'enquêter. » Alors, ils ont déserté.

Les dissensions entre Kaladis et Sirakus (de l'Est) ne sont pas ethniques. Selon le chercheur « la partition est ancienne entre l'Ouest, où la colonisation portugaise a été la plus présente et où les gens se considèrent plus civilisés et l'Est, où la résistance armée à l'occupant indonésien a été très forte. »

C. Lemaistre

*Catholicisme et protestantisme dans l'île de Timor. éd. Arkuris, 2004.