Les opposants syriens accusés d'exactions par Human rights watch

Reuters

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Des groupes armés d'opposants syriens ont enlevé, torturé et exécuté des membres des forces de sécurité, accuse ce mardi l'organisation Human Rights Watch (HRW). «Les méthodes brutales du gouvernement syrien ne peuvent justifier les abus de la part des groupes d'opposition armés», écrit Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Proche-Orient, dans une lettre ouverte aux mouvements d'opposition, dont le Conseil national syrien (CNS).

«Les chefs de l'opposition doivent clairement faire savoir à leurs partisans qu'ils ne peuvent torturer, enlever ou exécuter en aucune circonstance», ajoute-t-elle. HRW s'appuie sur des dizaines de vidéos postées sur le site YouTube dans lesquelles on peut voir des membres des forces de sécurité, ou des sympathisants présumés du gouvernement, se soumettre à des aveux, obtenus apparemment sous la contrainte. Dix-huit de ces documents montrent ainsi des détenus portant des traces de coups ou d'abus physiques.

Vidéos

Une vidéo montre un homme pendu à un arbre devant plusieurs combattants. Un commentaire indique qu'il était membre des «chabbiha», les milices redoutées du gouvernement. HRW précise que certains actes semblaient viser des musulmans chiites ou des membres de la minorité alaouite, à laquelle appartient Bachar al Assad. La Syrie est composée à 75% de musulmans sunnites et certains commentateurs redoutent de voir le conflit dégénérer en guerre civile.

Le soulèvement syrien contre le président Bachar al Assad, qui a débuté à la mi-mars 2011 par des manifestations pacifiques durement réprimées par les forces de sécurité, se militarise de plus en plus. Des accrochages meurtriers sont signalés régulièrement entre les forces syriennes et des combattants rebelles.