Victoire militaire des islamistes en Somalie

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Coup dur pour Bush dans sa lutte planétaire contre le terrorisme. Les milices des tribunaux islamiques de Somalie ont clamé leur victoire, hier, dans la bataille de Mogadiscio, capitale fantôme d'un pays sans Etat. Alliance hétéroclite de dirigeants religieux, d'extrémistes islamistes et d'hommes d'affaires lassés de l'anarchie, ces tribunaux sont accusés par les services secrets occidentaux d'abriter des membres d'Al-Qaida, dont certains auteurs des attentats contre les ambassades américaines du Kenya et de Tanzanie, en août 1998. Ils sont aussi soupçonnés de vouloir imposer la charia et de faire de la Somalie un pays digne de l'Afghanistan des talibans.

En face, l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme est une coalition de chefs de guerre honnis par la population. Sa formation, en février, a donné lieu à quatre mois d'une des batailles les plus sanglantes depuis le début de la guerre civile, en 1991. Tout en démentant officiellement aider les chefs de guerre, qui avaient infligé une sévère défaite aux Américains en 1993 (l'opération Restore Hope), la Maison Blanche a confirmé soutenir ces « partenaires » locaux pour empêcher que ne se crée une « tête de pont » d'Al-Qaida en Somalie.

Au milieu, les institutions de transition formées en 2004 siègent à Baidoa, leur sécurité n'étant pas assurée à Mogadiscio. Soutenues par les Nations unies, elles sont d'autant plus incapables de rétablir l'ordre que certains de ses ministres sont membres de l'Alliance des chefs de guerre.

Clémence Lemaistre