La Somalie, de l'indépendance à la victoire des tribunaux islamiques

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La majorité des Etats membres de l'UE "gonflent artificiellement" leur aide au développement en comptabilisant l'annulation des dettes des pays pauvres ou l'accueil en Europe de leurs réfugiés, ont dénoncé lundi des ONG européennes.
La majorité des Etats membres de l'UE "gonflent artificiellement" leur aide au développement en comptabilisant l'annulation des dettes des pays pauvres ou l'accueil en Europe de leurs réfugiés, ont dénoncé lundi des ONG européennes. — Thomas Mukoya AFP/Archives

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, est livrée à des chefs de guerre rivaux depuis le début de la guerre civile en 1991 qui, associée à la famine, a fait entre 300.000 et 500.000 morts.

1960 : la Somalie, partagée depuis les années 1880 entre l’autorité coloniale britannique au nord et italienne au sud, accède à l’indépendance.

1969-1991 : Le président Mohamed Siad Barre dirige le pays d’une main de fer.

1991
- 27 janvier :
Les rebelles du Congrès de la Somalie unifiée (USC) s'emparent de Mogadiscio. Le président Siad Barre s’enfuit.
- 18 mai : Le Mouvement national somalien (SNM) proclame la sécession du nord-ouest du pays et fonde la "République du Somaliland" (non reconnue).
- 17 novembre : Déclenchement de la guerre civile à Mogadiscio entre les partisans de deux chefs de guerre, Ali Mahdi Mohamed et Mohamed Farah Aïdid.

1992
- 9 décembre :
Début de l'opération multinationale «Restore Hope» pour venir en aide aux victimes de la famine et tenter de rétablir la paix.

1993
- 4 mai : Une opération de l'ONU prend le relais de «Restore Hope».
- 5 juin : 24 Casques bleus pakistanais sont tués à Mogadiscio au cours d'affrontements avec des miliciens du général Aïdid.
- 3 octobre : 18 soldats américains sont tués à Mogadiscio dans le cadre de la traque contre Aïdid. Washington décide le retrait de ses troupes.

1995
- 2 mars : Retrait des derniers soldats de l'ONU après l'échec de leur mission en Somalie, où 151 Casques bleus ont été tués, dont 110 dans des attaques.

1998
- 24 juillet : Des factions du nord-est de la Somalie proclament l'autonomie du Puntland (nord-est), sans faire sécession.

2000
- 2 mai-27 août : Une conférence de réconciliation nationale, à Djibouti, aboutit à la formation d'un Parlement de transition et à l'élection de Abdoulkassim Salat Hassan comme président. Les principaux chefs de guerre, qui boycottent le processus, ne reconnaissent pas les nouvelles institutions.
- 14 octobre : Un Gouvernement national de transition (TNG) est mis en place, mais ne parvient pas à imposer son autorité au-delà de quelques quartiers de Mogadiscio.

2001
- 22 mars : Des chefs de factions opposés au gouvernement créent un Conseil somalien de réconciliation et de restauration (CSRR), présidé par Hussein Mohamed Aïdid, qui a succédé à son père en 1996, et soutenu par l'Ethiopie.

2002
- 15 octobre : Début de nouveaux pourparlers inter-somaliens au Kenya sous l'égide de l'Autorité intergouvernementale régionale de développement (Igad).

2004
- 22 août : Inauguration à Nairobi d'un nouveau Parlement de transition, le premier reconnu par les principaux chefs de guerre.
- 10 octobre : Abdullahi Yusuf Ahmed est élu président de la Somalie par le Parlement et demande l'envoi d'une force internationale.

2005
- 31 janvier : L'Union africaine (UA) mandate l'Igad, composée de sept pays de la région, pour envoyer une force de paix.
- 29 avril : Première visite du chef de gouvernement Ali Mohamed Gedi à Mogadiscio, où s'est installé le président du Parlement.
- 3 mai : Une explosion fait au moins 15 morts lors d'un meeting du Premier ministre dans la capitale.
- 10 juin : Le gouvernement nomme ses premiers ambassadeurs à l'ONU et en Chine.
- 13 juin : Arrivée du Premier ministre à Jowhar (centre), où il compte installer le gouvernement. Il est suivi en juillet par le président Yusuf.
- 14 août : Retour à Mogadiscio du puissant chef de guerre Hussein Mohamed Aïdid, après quatre ans d'absence.

2006
- 18 février :
Création de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), composée de chefs de guerre et soutenue par les Etats-Unis. Objectif : contrer la montée en puissance des tribunaux islamiques à Mogadiscio, qui sont une douzaine et veulent appliquer la charia, la loi islamique.
- 26 février : Ouverture d'une première session du Parlement sur le sol somalien, à Baïdoa (sud), marquée par l'absence des chefs de guerre de Mogadiscio. La session est ajournée dès le lendemain.
- Février-mars : Des combats opposant des membres de l’ARPCT et des miliciens des tribunaux islamiques font au moins 90 morts.
- 15 mars : L'ONU condamne l'afflux croissant d'armes, en violation de l'embargo imposé en 1992.
- 21 avril : Les tribunaux islamiques déclarent la "guerre sainte" contre l'ARPCT.
- 7-11 mai : Nouveaux affrontements entre l’ARPCT et les milices des tribunaux islamiques: au moins 70 personnes sont tuées et 200 blessées. Selon un rapport d'un groupe d'experts de l'ONU, les miliciens islamiques contrôlent désormais près de 80% de Mogadiscio.
5 juin : Les tribunaux islamiques de Somalie affirment avoir remporté la sanglante bataille de Mogadiscio, après près de quatre mois de combats face aux chefs de guerre.