La situation en Irak depuis la chute de Saddam Hussein

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Le groupe d'Abou Moussab al-Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda en Irak tué mercredi lors d'une opération irako-américaine, a revendiqué ou est considéré comme responsable de nombreux attentats meurtriers et exécutions d'otages depuis la chute de Saddam Hussein en avril 2003.
Le groupe d'Abou Moussab al-Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda en Irak tué mercredi lors d'une opération irako-américaine, a revendiqué ou est considéré comme responsable de nombreux attentats meurtriers et exécutions d'otages depuis la chute de Saddam Hussein en avril 2003. — AFP/Archives

 Voici les principaux événements en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein:

2003

- 9 avril : L'entrée des Américains à Bagdad, où ils renversent une statue géante de Saddam Hussein, marque la chute du régime. Début des pillages.
- 1er mai : Six semaines après le déclenchement de l'opération "Liberté de l'Irak", le président américain George W. Bush déclare que l'essentiel des combats est terminé, que les Etats-Unis et leurs alliés "l'ont emporté", mais que la guerre contre le terrorisme continue.
- 2 mai: Mise en place d'une force de stabilisation internationale, prévoyant la division de l'Irak en 3 secteurs.
- 16 mai: L'Américain Paul Bremer, nommé administrateur civil, crée l'Autorité provisoire de la coalition (CPA) et interdit l'accès aux fonctions publiques aux responsables du parti Baas. Le 23, il annonce la dissolution des organes de sécurité.
- 22 juillet : Les fils de Saddam Hussein, Oudaï et Qoussaï, sont tués à Mossoul (nord).
- 19 août : Attentat suicide contre le siège de l'ONU à Bagdad: 22 morts, dont son représentant, Sergio Vieira de Mello.
- 3 septembre : Premier gouvernement de l'après-Saddam. Après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la Pologne prend le commandement d'une zone d'occupation.
- 2 octobre : David Kay, chef du Groupe d'Inspection en Irak (ISG), reconnaît qu'aucune arme de destruction massive (ADM) n'a été découverte en Irak.
- 15 octobre : Mise en circulation du nouveau dinar.
- 16 octobre : Résolution 1511 de l'ONU qui prévoit une force multinationale et préserve le contrôle quasi absolu de Washington sur l'Irak.
- 27 novembre : Visite de Bush aux troupes américaines à Bagdad.
- 13 décembre : Capture de Saddam Hussein près de Tikrit.

2004

- 1er février : Double attentat suicide contre les sièges des deux principaux partis kurdes à Erbil (nord): plus de 100 morts.
- 2 mars : Plus de 170 personnes tuées lors d'attentats antichiites dans la ville sainte de Kerbala (centre) et dans une mosquée de Bagdad.
- 8 mars : Signature de la Constitution provisoire.
- 4 avril : Début d'affrontements violents entre la coalition et les partisans du chef chiite radical Moqtada Sadr qui cesseront fin août.
- 5 avril : Offensive des Marines contre la ville rebelle sunnite de Falloujah (ouest de Bagdad), après la mort de quatre civils américains.
- 8 avril : Début des enlèvements de civils étrangers. Plus de trente otages sur plusieurs centaines seront assassinés.
- 18 avril : L'Espagne décide de retirer ses troupes.
- 28 avril : Diffusion d'images de détenus irakiens humiliés par des militaires américains dans la prison d'Abou Ghraib, près de Bagdad.
- 1er juin : Dissolution du Conseil de gouvernement transitoire. Prise de fonction du nouveau cabinet d'Iyad Allaoui. Ghazi al-Yaouar désigné chef de l'Etat.
- 8 juin: Résolution 1546 de l'ONU sur le transfert de souveraineté.
- 28 juin: La coalition transfère le pouvoir au gouvernement irakien intérimaire. Bremer quitte le pays.
- 7 novembre : Etat d'urgence sur tout le territoire, à l'exception du Kurdistan.
- 21 décembre : 22 morts, dont 14 GI's, dans une attaque contre une base américaine à Mossoul, revendiquée par le groupe Ansar Al-Sunna.

2005

- 30 janvier : Premier scrutin multipartite depuis plus de cinquante ans, boycotté par les sunnites. La liste chiite obtient la majorité absolue au Parlement devant les Kurdes.
- 28 février : 118 morts à Hilla (centre) dans l'attentat le plus meurtrier depuis la chute de Saddam Hussein. Revendiqué par le groupe d'Abou Moussab Al-Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda en Irak.
- 6 avril : Election du Kurde Jalal Talabani à la présidence. Le 7, le chiite Ibrahim al-Jaafari est nommé Premier ministre.
- 31 août : Près de 1.000 morts parmi des pèlerins chiites lors d'une gigantesque bousculade sur un pont de Bagdad.
- 14 septembre : Au moins 128 morts dans des attentats à Bagdad, revendiqués par Al-Qaïda.
Zarqaoui proclame la "guerre totale" contre les chiites.
- 29 septembre : Triple attentat dans la ville chiite de Balad (nord de Bagdad), revendiqué par Zarqaoui: 99 morts.
- 15 octobre : Référendum sur la Constitution: 78% de "oui".
- 19 octobre : Ouverture du procès de Saddam Hussein pour le massacre de Doujaïl (148 chiites tués en 1982).
- 18 novembre : Attentats suicide contre deux mosquées chiites à Khaneqin (nord-est): 78 morts.
- 19-21 novembre : Réunion de réconciliation entre les principales factions irakiennes, au Caire.
- 15 décembre : Législatives: victoire de la liste chiite conservatrice, l'Alliance unifiée irakienne (AUI).

2006

- 5 janvier : 120 morts dans des attentats, dont l'un à Kerbala près du mausolée de l'imam Hussein (44 morts), et un autre à Ramadi (ouest de Bagdad) contre un centre de recrutement de la police (67 morts).
- 12 février : Jaafari est choisi comme candidat à sa propre succession.
- 22 février : Le dynamitage d'un mausolée chiite à Samarra (nord de Bagdad) entraîne des violences intercommunautaires: plus de 450 morts.
- 12 mars : 62 morts, dont 46 dans six attentats au véhicule piégé dans le quartier chiite de Sadr City à Bagdad.
- 7 avril : 90 morts, 175 blessés dans un triple attentat suicide contre une mosquée chiite dans le nord de Bagdad.
- 20 avril : Ibrahim Jaafari, contesté notamment par les sunnites et les Kurdes, renonce à sa candidature, ouvrant la voie à une sortie de la crise politique.
- 22 avril : Election par le Parlement d'un exécutif. Talabani est réélu au poste de chef de l'Etat. Le chiite Nouri al-Maliki est chargé de diriger le gouvernement, dont la formation butera notamment sur les postes stratégiques de l'Intérieur et de la Défense.
- 20 mai : Investiture du gouvernement d'union nationale qui compte 37 ministères. L'Intérieur sera assumé dans un premier temps par le Premier ministre. La Défense sera assumée par le vice-Premier ministre Salam al-Zobaïe et la Sécurité nationale par le vice-Premier ministre Barham Saleh.
26 mai : Pour George W. Bush, la « plus grosse erreur » commise par les Etats-Unis en Irak concerne les exactions dans la prison d’Abou Ghraib.
31 mai : George W. Bush se dit « troublé » par les soupçons de massacre de civils irakiens qu’auraient perpétré les Marines à Haditha. Le président américain assure que les coupables seront punis si les faits, révélés par l’hebdomadaire américain Time, sont avérés.
8 juin : Le chef d’Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, est tué dans un raid aérien au nord de Bagdad. Pour l’armée américaine, il s’agit d’un « coup important porté à Al-Qaïda ».
Selon l’un de ses porte-paroles, l’Egyptien Abou al-Masri pourrait lui succéder à la tête du réseau terroriste.
9 juin : L’armée américaine révèle que Zarqaoui a brièvement survécu au raid américain qui l’a tué et qu’il était suffisamment conscient pour tenter de se soulever de sa civière après l’arrivée des soldats américains sur les lieux.
12 juin : Les analyses ADN de Zarqaoui confirment son identité, selon l’armée américaine qui précise que le terroriste est bel et bien mort des suites de ses blessures.
La branche irakienne d'Al-Qaïda annonce avoir désigné cheikh Abou Hamza al-Mouhajer pour succéder à Zarqaoui.
13 juin : Bush fait une visite-surprise en Irak. C'est la première visite du président américain depuis l'automne 2003. 
Le bilan de la journée est lourd : trente-six personnes ont été tuées et des dizaines blessées. A Bagdad, des sources de sécurité ont indiqué que 14 corps de personnes exécutées par balle et portant des traces de torture avaient été trouvés dans différents quartiers de la ville et plus au nord.
Par ailleurs, le corps de Marines dénonce une vidéo diffusée sur le Web et montrant un Marine américain chantant le meurtre de civils irakiens.
14 juin : Selon une étude publiée par un organisme américain, le nombre de réfugiés recensés dans le monde en 2005 s'est accru pour la première fois depuis quatre ans en raison de l'instabilité en Irak.
Après sa visite-surprise en Irak, George W. Bush se dit confiant sur la détermination du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki à pacifier le pays. Ce qui n’empêche pas l'Italie d’entamer une réduction significative de ses troupes en Irak : le contingent devrait passer d'environ 2.200 à 1.600 militaires d'ici la fin du mois de juin.
15 juin : Triste bilan pour l'armée américaine : elle perd son 2500ème soldat en Irak. Le même jour, le Congrès américain approuve définitivement un budget comprenant une enveloppe de près de 66 milliards de dollars pourles opérations militaires en Irak et en Afghanistan. Quant au Conseil de sécurité des Nations unies, il autorise la prorogation du mandat de la Force multinationale (FMN) sous commandement américain en Irak.
En Irak, un groupe extrémiste irakien affirme avoir enlevé un "expert technique" turc et son traducteur au nord de Bagdad et demande le rappel de l'ambassadeur de Turquie en Irak.
16 juin : La Chambre des représentants américaine endosse formellement la guerre contre le terrorisme menée par George W. Bush, refusant de fixer une date "arbitraire" pour le retrait des troupes déployées en Irak.
Encore un bilan meurtrier à la fin de la journée : au moins 23 personnes ont été tuées, dont onze dans un attentat suicide dans une mosquée chiite de Bagdad.
17 juin : Les attentats et les attaques se succèdent durant toute la journée, faisant au total 50 tués et plus de 100 de blessés. La dernière attaque, à la voiture piégée à Bagdad, fait 12 morts, dont des enfants, et 38 blessés.
Par ailleurs, un rapport publié par le Pentagone révèle que des membres des Forces spéciales américaines ont nourri des prisonniers irakiens uniquement au pain et à l'eau pendant dix-sept jours.
18 juin : Quinze personnes sont tuées dans des attaques au nord de Bagdad, tandis que dans la capitale, dix employés d'une boulangerie d'un quartier chiite sont enlevés par des hommes armés.
L'administration des biens religieux sunnites annonce quant à elle la fermeture de toutes les mosquées sunnites de Bassorah, à l'exception d'une, pour protester contre l'assassinat d'un imam le 16 juin.
19 juin : Le procureur général du Haut tribunal pénal irakien requiert la peine de mort à l’encontre de l’ex-président Saddam Hussein, jugé depuis le 19 octobre 2005 pour le massacre de 148 chiites en 1982 à Doujaïl. La défense aura la parole le 10 juillet et le verdict est attendu à la mi-septembre.
Parallèlement, trois militaires américains sont inculpés pour le meurtre prémédité pour avoir abattu trois détenus en Irak. Les trois militaires, le sergent Raymond Girouard, le soldat William Hunsaker et le soldat Corey Clagett, auraient tiré le 9 mai sur trois hommes retenus prisonniers près du site chimique de Muthana dans la province de Salaheddine, selon les documents détaillant les charges portées contre eux.
Le bilan de la journée, lui, est encore meurtrier : vingt-cinq personnes, dont le chef adjoint de la police de la ville sunnite de Falloujah, ont été tuées dans des violences intercommunautaires.
20 juin : Tokyo décide de mettre fin à son déploiement historique en Irak, le premier de l'armée japonaise sur un théâtre de guerre depuis 1945. Cette intervention "humanitaire" symbolisait la volonté du Japon de jouer un rôle accru sur la scène internationale.
Par ailleurs, les corps de deux soldats américains portés disparus depuis le 16 juin au sud de Bagdad sont retrouvés. Ils portent des traces de torture. Leur rapt avait été revendiqué par un groupe contrôlé par le réseau Al-Qaïda en Irak