Suisse: Congés payés, droit à manifester et prostitution, au menu des élections

ACTU Les Suisses sont appelés aux urnes pour toute une série de référendums...

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S'ils aiment travailler, les Suisses ont aussi pour habitude d'aller se reposer dans leurs chalets à la montagne.
S'ils aiment travailler, les Suisses ont aussi pour habitude d'aller se reposer dans leurs chalets à la montagne. — Sven Nackstrand afp.com

Augmenter les congés payés et limiter les résidences secondaires: les Suisses se prononcent dimanche sur plusieurs sujets de société, tandis que les Genevois doivent s'exprimer sur un durcissement de la loi sur les manifestations, décrié par un expert de l'ONU.

Alors que le Salon de l'Auto à Genève fait salle comble, très peu de Suisses vont se déplacer ce dimanche dans les bureaux de votes, ouverts bien souvent seulement de 10h à 11h30: la très grande majorité des électeurs ayant voté par courrier.

Loi contre les manifestations à Genève

A Genève, Dianne, 62 ans, est une des rares personnes à se rendre dans un bureau de vote. Il est 9h, elle dépose son enveloppe devant l'entrée du bureau encore fermé, avant de rejoindre une amie pour faire un jogging: «C'est surtout la question sur la réintroduction de l'école le mercredi matin qui m'intéresse», dit-elle à l'AFP. Quant à la question sur la loi sur les manifestations, cette retraité d'une organisation internationale avoue qu'elle ne s'y est guère intéressée, mais estime toutefois que «c'est chouette qu'il y ait la liberté de manifester».

Or, le droit de manifester à Genève, où siègent le Conseil des droits de l'homme de l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), pourrait toutefois être limité, selon la nouvelle loi cantonale qui, si elle est acceptée, permettra d'imposer une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 francs suisses pour une manifestation sauvage ou qui ne s'est pas déroulée selon l'autorisation obtenue. Elle permettra aussi d'interdire des rassemblements dans certains lieux et d'imposer aux organisateurs de mettre en place leur propre service d'ordre.

Selon ses auteurs, la loi a pour objectif, «à la suite de scènes d'émeutes provoquées par quelques centaines de casseurs lors de la manifestation autorisée du 28 novembre 2009 contre l'Organisation mondiale du commerce, de réduire les risques de débordements».

Refus de congés supplémentaires

Aucun sondage n'a été publié sur ce sujet. En revanche, selon les sondages, les Suisses, attachés au travail et à l'argent, devraient refuser dimanche une initiative des syndicats demandant six semaines de vacances payés pour tous, contre quatre actuellement.

Le gouvernement et les milieux économiques estiment que des absences prolongées dues aux vacances devront être compensées d'une manière ou d'une autre: soit les entreprises engageront du personnel supplémentaire, soit leurs employés devront mettre les bouchées doubles pour faire leur travail en moins de temps.

Pour leur part, les syndicats expliquent que le stress coûte cher, pointant une étude du Secrétariat d'Etat suisse à l'économie estimant à 10 milliards de francs suisses (8,2 milliards d'euros) par an les coûts de cette charge. En revanche, «le coût estimé» des 6 semaines de congés payés sera de «6 millions de francs par année», explique à l'AFP le député socialiste Jean-Christophe Schwaab, en charge du droit du travail à l'Union syndicale suisse (USS).

S'ils aiment travailler, les Suisses ont aussi pour habitude d'aller se reposer dans leurs chalets à la montagne.

Place de la prostitution

Aussi l'initiative visant à limiter à 20% la part de résidences secondaires par rapport à l'ensemble des habitations de chaque commune pourrait bien être refusée dans les urnes.

Les Suisses sont également appelés à s'exprimer sur un autre thème à caractère économico-social et décider si les bénéfices issus des loteries et des paris sportifs doivent être intégralement dévolus à des buts d'utilité publique.

Dimanche, les Suisses voteront aussi sur des sujets cantonaux ou communaux. Alors que les Lucernois et Appenzellois sont appelés aux urnes pour l'abolition des forfaits fiscaux pour les riches étrangers, les Zurichois devront se prononcer sur l'aménagement d'une "place de la prostitution", avec des box pour les voitures des prostituées en dehors du centre ville.