Opération décontamination dans un quartier de Fukushima

JAPON Les autorités ont lancé un programme de décontamination titanesque dans la ville la plus touchée par la radioactivité...

Marie Linton

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Des ouvriers décapent la couche supérieure du sol à Fukushima.
Des ouvriers décapent la couche supérieure du sol à Fukushima. — GUILLAUME BRESSION

De notre correspondante au Japon...

Une centaine d'ouvriers, plusieurs pelleteuses et un budget de 1,5 million d'euros. Bienvenu sur un chantier expérimental de décontamination de Fukushima. La préfecture s'est donné deux mois pour dépolluer intégralement Onami, un quartier de 10 hectares de la ville, situé à une soixantaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée. «Ce n'est pas efficace de décontaminer uniquement les maisons, explique Katsumasa Suzuki, responsable décontamination de la préfecture de Fukushima sous de gros flocons. Alors, on dépollue tout le quartier.»

Un travail de titan. Ou plutôt de fourmi. Partout, des ouvriers protégés par des combinaisons et des masques décapent la couche supérieure du sol, déblaient les sous-bois, enlèvent tout ce qui a pu être contaminé par du césium radioactif en provenance de la centrale nucléaire accidentée après le séisme et le tsunami du 11 mars dernier. Le froid et la neige compliquent encore la tâche: avant de pouvoir retirer la terre, il faut déblayer une épaisse couche de neige. Seuls les hommes d'âge mur acceptent de mener ce travail pourtant très physique. «Les jeunes ne postulent pas car ils sont inquiets de la radioactivité», indique le chef de chantier.

«La radioactivité va revenir dans quelque temps»

Le bilan immédiat des opérations de décontamination est positif: le niveau de radioactivité dans les champs notamment peut être divisé par deux et jusqu'à quatre. Mais les rares habitants qui continuent à vivre dans le quartier d'Onami ne sont pas convaincus. «La radioactivité se trouve aussi dans les forêts autour et ils ne vont pas pouvoir décontaminer toute la forêt, estime Hide Oonami, 70 ans, dont la maison aussi a été décontaminée. J'ai l'impression que la radioactivité va revenir dans quelque temps.» Reste aussi le problème des millions de m3 de déchets qui seront générés par les opérations de décontamination. «Il faudra une surface considérable pour stocker tous ces déchets», anticipe Katsumasa Suzuki, de la préfecture de Fukushima.