Kofi Annan met en garde contre une plus grande militarisation du conflit en Syrie

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L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Kofi Annan a estimé jeudi qu'une plus grande militarisation du conflit allait aggraver la situation dans le pays et appelé l'opposition à coopérer avec les efforts internationaux pour parvenir à une solution à la crise.
L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Kofi Annan a estimé jeudi qu'une plus grande militarisation du conflit allait aggraver la situation dans le pays et appelé l'opposition à coopérer avec les efforts internationaux pour parvenir à une solution à la crise. — Gianluigi Guercia afp.com

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Kofi Annan a estimé jeudi qu'une plus grande militarisation du conflit allait aggraver la situation dans le pays et appelé l'opposition à coopérer avec les efforts internationaux pour parvenir à une solution à la crise.

Arrivé mercredi au Caire, M. Annan qui a dirigé les Nations unies entre 1997-2006, doit préparer sa première visite à Damas, prévue samedi. Celle-ci a été accueillie favorablement par le régime syrien.

"Je pense qu'une plus grande militarisation va aggraver la situation", a-t-il déclaré à des journalistes au Caire après des discussions avec le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.

"Nous devons faire attention de ne pas recourir à un remède qui soit pire que le mal", a ajouté M. Annan, nommé le 23 février émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie.

L'ancien secrétaire général de l'ONU a mis en garde contre un "possible impact de la Syrie sur la région s'il y avait une quelconque erreur de calcul" soulignant que les efforts diplomatiques devaient se poursuivre.

Il a également appelé "l'opposition syrienne à venir travailler avec nous pour trouver une solution qui répondra aux aspirations du peuple syrien".

"Nous ferons tout ce qui est possible pour aboutir à la fin des hostilités et mettre fin aux massacres et aux violences", a ajouté M. Annan. "Mais la solution ultime réside dans un règlement politique", a-t-il encore ajouté.

Environ 8.500 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les violences depuis le début de la révolte en Syrie à la mi-mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Kofi Annan a aussi eu un entretien avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Mohammed Amr.

Une "explosion" de la situation en Syrie "n'aurait pas seulement des conséquences internes mais se propagerait à l'ensemble de la région", a indiqué le ministre égyptien selon son porte-parole.

M. Amr avait mis en garde mercredi contre une guerre civile en Syrie si des armes étaient fournies à l'opposition.

Armer l'opposition et sa branche militaire l'Armée syrienne libre (ASL), une force composée en majorité de déserteurs, "mènerait à une escalade dans le conflit militaire et déclencherait une guerre civile en Syrie", avait-il dit.

Le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition, a indiqué la semaine dernière vouloir organiser des livraisons d'armes à destination des rebelles syriens.

Certains pays arabes, comme le Qatar ou l'Arabie saoudite, se sont déclarés favorables à l'armement de l'ASL qui appuie par les armes la contestation contre le régime du président Bachar al-Assad dans un contexte de militarisation croissante du mouvement lancé il y a presque un an.

Pour sa première mission en Syrie, Kofi Annan sera accompagné par son adjoint, l'ancien ministre palestinien des Affaires étrangères Nasser al-Qidwa.