Mitt Romney, favori mais pas trop

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L'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, en meeting à Boston, mardi.
L'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, en meeting à Boston, mardi. — G. BERBERT / AP / SIPA

On espérait que la course se décanterait. Elle est plutôt partie pour durer. Mardi, Mitt Romney a remporté six des dix scrutins du Super Tuesday, et une majorité des délégués en jeu. Mais les trois victoires de Rick Santorum le rappellent : Romney est un favori fragile.
Sans surprise, Mitt Romney s'est imposé dans l'est du pays (Massachusetts, Vermont, Virginie ainsi que dans l'Idaho et en Alaska). Malgré tout, Santorum poursuit sa percée en remportant trois Etats : Dakota du Nord, Oklahoma et surtout le Tennessee. Le scrutin le plus important de la soirée, dans l'Ohio, a tourné à un duel au couteau entre les deux candidats, à égalité quasi parfaite. Romney l'a finalement emporté d'un cheveu, avec un peu plus de 10 000 voix d'avance (1 %).

« La pire » des primaires
Santorum a fait presque jeu égal en dépensant cinq fois moins que son adversaire. S'il n'avait pas autant perdu de votes chez les femmes après ses sorties sur la contraception, il aurait sans doute pu l'emporter. Or, aucun républicain n'a jamais conquis la Maison Blanche sans une victoire dans cet Etat. En face, Newt Gingrich est à la peine, avec une seule victoire à domicile, en Géorgie. La deuxième des primaires. Dans son discours, il a exclu de jeter l'éponge. Les prochains scrutins, dans le sud du pays, pourraient lui permettre de se refaire, à condition que ses riches donateurs ne l'abandonnent pas. De son côté, Ron Paul continue de grignoter des délégués, mais n'a plus aucune chance de décrocher la nomination. Pour être investi, il faut 1 144 délégués. En prenant en compte les projections de la soirée, Romney dépasse les 350, contre environ 150 à Santorum, 90 à Gingrich et 60 à Paul. Avec une course qui se transforme en marathon et des attaques qui se multiplient, certains républicains s'inquiètent. L'ancienne première dame Barbara Bush, 86 ans, a jugé que cette primaire était « la pire » qu'elle ait jamais vue.