Syrie: Le vice-ministre du Pétrole démissionne et rejoint les rebelles

MONDE Il ne souhaite pas terminer sa vie «au service d'un régime criminel»...

avec AFP

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Le vice vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Hussameddine, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi sa démission et qu'il rejoignait l'opposition, devenant le plus haut cadre du régime de Bachar al-Assad à faire défection depuis le début des violences.
Le vice vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Hussameddine, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi sa démission et qu'il rejoignait l'opposition, devenant le plus haut cadre du régime de Bachar al-Assad à faire défection depuis le début des violences. — afp.com

Le vice vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Hussameddine, a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi sa démission et qu'il rejoignait l'opposition, devenant le plus haut cadre du régime de Bachar al-Assad à faire défection depuis le début des violences.

Dans un message, Abdo Hussameddine affirme avoir servi le gouvernement syrien pendant 33 ans et ne pas souhaiter terminer sa vie «au service d'un régime criminel». «C'est pourquoi j'ai pris le droit chemin, sachant que ce régime brûlera ma maison, traquera ma famille et fabriquera des mensonges», ajoute-t-il en appelant les autres membres du gouvernement à abandonner «un bateau qui coule».

La Chine et la Russie pointées du doigt

Il s'en prend également à la Russie et à la Chine, accusant leurs deux gouvernements de ne pas «être des amis du peuple syrien mais des partenaires des assassinats» de Syriens. La Russie comme la Chine ont bloqué à deux reprises des résolutions de l'ONU condamnant la répression en Syrie.

De son côté, la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, est arrivée mercredi en Syrie où elle pu visiter des quartiers de la ville de Homs «totalement dévastés», selon sa porte-parole, Amanda Pitt. Elle a notamment pu entrer brièvement dans le quartier de Baba Amro, assiégé et pilonné par l'artillerie pendant un mois avant que les forces gouvernementales ne le reprennent le 1er mars.

Des coups de feu entendus pendant la visite

Au cours de ce déplacement de près d'une heure, Valerie Amos et les personnes qui l'accompagnaient «ont entendu des coups de feu». Symbole de la contestation jusqu'à sa chute, Baba Amro était quasi désert, ses habitants ayant fui les combats, a constaté le Croissant rouge, qui accompagnait Valerie Amos.

Les bombardements y ont fait 700 morts et des milliers de blessés, selon l'ONG Human Rights Watch. Des tirs de roquettes ont été signalés dans d'autres quartiers de Homs mercredi par l'OSDH. Damas interdisait jusque-là l'accès de Baba Amr aux humanitaires, mettant en avant des raisons de sécurité, en particulier la présence de bombes et de mines.

Plus de 8.500 morts en un an

Selon un nouveau bilan de l'OSDH, les violences ont fait plus de 8.500 morts, en majorité des civils, depuis le début de la révolte il y a près d'un an. Alors que de plus en plus de militants réclament au moins une zone d'exclusion aérienne, le président américain Barack Obama a exclu «de lancer, comme certains l'ont suggéré, une action militaire unilatérale ou de croire qu'existe une solution simple». «Ce qui se passe en Syrie est bouleversant et scandaleux», a-t-il jugé.

Washington pourrait néanmoins fournir une aide non militaire aux rebelles, comme des moyens de communication, selon le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. L'Egypte a mis en garde contre une possible guerre civile si des armes étaient fournies à l'opposition qui les réclame.

La Tunisie prête à accueillir Assad

De son côté, la Russie, comme l'a fait la Chine la semaine dernière, a appelé Damas et les rebelles à mettre «immédiatement» fin aux violences et à faciliter l'arrivée de l'aide humanitaire. L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a lui accusé le gouvernement libyen d'abriter un camp d'entraînement pour des rebelles syriens qui ont mené des actions contre le régime de Damas.

Un émissaire chinois, Li Huaxin, s'est rendu à Damas pour présenter des propositions de Pékin visant à résoudre la crise. D'autre part, le président tunisien Moncef Marzouki a répété être prêt à accorder l'asile au président al-Assad, après le refus russe de l'accueillir, en vue d'«arrêter les massacres».