Super Tuesday: Petite victoire de Romney, Santorum en embuscade

ETATS-UNIS Le candidat à la candidature républicaine Mitt Romney augmente son avance mais peine à s'imposer comme le candidat républicain incontournable dans la course à la Maison Blanche...

Philippe Berry

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Rick Santorum et Mitt Romney à Myrtle Beach, en Caroline du Sud (Etats-Unis), le 16 janvier 2012.
Rick Santorum et Mitt Romney à Myrtle Beach, en Caroline du Sud (Etats-Unis), le 16 janvier 2012. — David Goldman/AP/SIPA

De notre correspondant à Los Angeles

On espérait que la course se décanterait; elle est partie pour durer. Mardi, Mitt Romney a remporté six des dix scrutins du Super Tuesday, et une majorité des délégués en jeu. Mais les trois victoires de Santorum le rappellent: Romney est un favori fragile.

Le scrutin le plus important de la soirée, dans l'Ohio, a tourné à un duel au couteau entre les deux candidats, à égalité quasi-parfaite. Romney l'a finalement emporté d'un cheveux, avec un peu plus de 10.000 voix d'avance (1%). Surtout, il devrait repartir avec davantage de délégués car Santorum n'a pas pu s'inscrire dans tous les comtés. Si cet Etat compte autant, c'est qu'aucun républicain n'a conquis la Maison Blanche sans une victoire dans l'Ohio en novembre.

Sans surprise, Mitt Romney s'est imposé dans l'est du pays (Massachusetts, Vermont, Virginie) ainsi que dans l'Idaho et en Alaska. Malgré tout, Santorum poursuit sa percée. Mardi, il remporte trois Etats: Dakota du nord, Oklahoma et surtout le Tennessee, où Romney aurait dû mieux faire. Dans l'Ohio, en dépensant cinq fois moins d'argent que son adversaire, Santorum a fait presque jeu égal. S'il n'avait pas autant perdu de votes chez les femmes suite à ses sorties sur la contraception, il aurait sans doute pu l'emporter.

Une seule victoire pour Gingrich

En face, Gingrich est à la peine, avec une seule victoire, à domicile, en Géorgie –sa 2e des primaires. Dans son discours, il a toutefois comparé la course à celle du lièvre et de la tortue et exclu de jeter l'éponge. Les prochains scrutins, dans le sud du pays, pourraient lui permettre de se refaire, à condition que ses riches donateurs ne lui coupent pas le robinet des dollars.

De son côté, Ron Paul continue de grignoter des délégués, avec trois médailles d'argent mais il n'a aucune chance de décrocher la nomination.

Une route encore longue

Pour remporter la nomination, il faut décrocher 1.144 délégués. En prenant en compte les projections de la soirée, Romney dépasse désormais les 350, contre environ 150 à Santorum, 90 à Gingrich et 60 à Paul.

Avec une course qui se transforme en marathon, un cap mis à droite et des attaques qui se multiplient, certains républicains s'inquiètent. Barbara Bush, 86 ans, a jugé que la primaire républicaine était «la pire» qu'elle ait jamais vue. Barack Obama ne s'en plaindra pas.