Obama emboîte le pas de Netanyahou

Armelle Le Goff

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Le Premier ministre israélien et le président américain à Washington, lundi.
Le Premier ministre israélien et le président américain à Washington, lundi. — REX / SIPA

Finie la main tendue. La politique initiée par Barack Obama à l'endroit de Téhéran a fait long feu. S'il en fallait un clair démenti, le voici : « Si toutes les autres solutions échouent, les Etats-Unis auront recours à la force pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire », a déclaré mardi le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta.

La possibilité cet été de frappes israéliennes n'est pas à exclure
Aux premiers mois de son mandat, le 44e président des Etats-Unis s'était montré déterminé à rompre avec les croisades de son prédécesseur. Avec l'Iran, Obama avait choisi de jouer la carte diplomatique, afin de dissuader le pays de s'enfermer dans sa course à l'arme nucléaire (sous couvert d'un programme civil). Las, Téhéran, tout à sa détermination de se munir de l'arme la plus dissuasive – l'Iran est un des rares pays à n'être entouré que de puissances nucléaires avec la Russie au nord, le Pakistan à l'est, Israël à l'ouest et les sous-marins nucléaires américains au sud –, n'a jamais donné un quelconque gage à Washington.
Sans résultat, il devenait difficile de maintenir une ligne diplomatique face à Israël, qui ne peut accepter un Iran doté de l'arme nucléaire. Du coup, Washington a changé de cap, musclant dangereusement son discours.
Preuve en a été donné lundi soir, lors de la rencontre entre le président américain et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. A cette occasion, Barack Obama a néanmoins appelé Israël à laisser le temps aux sanctions de porter leurs fruits.
Une déclaration adressée autant à Israël qu'à son lobby américain en cette période de précampagne. Mais il n'empêche, la tension monte. Et à Paris, on n'exclurait plus désormais la possibilité de frappes israéliennes durant l'été 2012.