Syrie: La Croix-Rouge toujours en négociation pour entrer à Baba Amro

MONDE Les autorités invoquent des raisons de sécurité...

C.C. avec agences

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Une petite fille tient une pancarte de protestation contre le régime de Bachar al-Assad, le 3 mars 2012, à Homs (Syrie).
Une petite fille tient une pancarte de protestation contre le régime de Bachar al-Assad, le 3 mars 2012, à Homs (Syrie). — HANDOUT / REUTERS

Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué être toujours en négociation ce lundi avec les autorités syriennes pour entrer à Baba Amro, quartier rebelle de Homs, repris jeudi par l'armée et qui connaît une crise humanitaire aiguë.

Aux abords de ce quartier assiégé et pilonné pendant près d'un mois, où vivres et médicaments font cruellement défaut, un convoi de sept camions chargés d'une aide d'urgence du CICR aux habitants attendait pour le quatrième jour consécutif le feu vert du régime pour entrer.

Baba Amro, «désinfecté» des «groupes terroristes armés»

Les autorités ont avancé des raisons de sécurité, en particulier la présence de bombes et de mines sur la chaussée, pour justifier ce délai. Des journalistes de la chaîne officielle syrienne sont toutefois présents depuis plusieurs jours pour faire des reportages à Baba Amro, «désinfecté» selon eux des «groupes terroristes armés». D'après des militants, le régime cherche à gagner du temps afin de cacher ses «crimes».

>> Le témoignage de WIlliam Daniels sur sa fuite de Syrie est à retrouver par ici

«Nous sommes sûrs qu'ils veulent prendre leur temps pour enterrer ou brûler les cadavres et effacer les traces de leurs crimes pour que le CICR ne s'aperçoive de rien», avait affirmé dimanche à l'AFP Hadi Abdallah, militant à Homs de la Commission générale de la révolution syrienne, en faisant référence aux centaines de victimes des violences dans ce quartier. Le refus des autorités de laisser passer jusqu'à présent le CICR a provoqué la colère de la communauté internationale qui avait demandé dès jeudi à Damas «d'autoriser un accès libre, total et immédiat du personnel humanitaire» à la population civile.

En attendant, des équipes du CICR et du Croissant-Rouge arabe syrien ont commencé ce lundi à distribuer des vivres et des couvertures à la population des quartiers d'Al Inchaat et d'Al Taouzii, où de nombreux habitants de Baba Amro ont fui, a annoncé un porte-parole du CICR à Genève. Un autre convoi du CICR transportant des vivres «pour des milliers de personnes» est arrivé à Homs en provenance de Damas, le deuxième en moins d'une semaine.

Des émissaires russes et chinois en Syrie

Par ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé lundi qu'il allait rencontrer ses homologues arabes le 10 mars au Caire lors d'une réunion consacrée à la Syrie. «La rencontre des ministres des Affaires étrangères de Russie et des pays la Ligue arabe aura lieu le 10 mars au Caire», a déclaré Sergueï Lavrov cité par les agences russes au cours d'une conférence de presse avec son homologue jordanien, Nasser Judeh. «Les négociations sont toujours en cours», a indiqué à l'AFP Saleh Dabbakeh, le porte-parole de l'organisation.

Avant cela, la diplomatie chinoise a annoncé ce lundi l'envoi d'un émissaire en Syrie. Le ministère chinois des Affaires étrangères a précisé que Li Huaxin, ancien ambassadeur de Chine en Syrie, se rendrait dans le pays mardi pour une visite de deux jours au cours de laquelle il devrait présenter le plan de sortie de crise en six points diffusé durant le week-end par Pékin.

Selon le communiqué de dimanche, «le gouvernement syrien et toutes les parties concernées devraient immédiatement, totalement et inconditionnellement mettre fin à tous les actes de violence, en particulier la violence contre des civils innocents». La diplomatie chinoise apporte son soutien aux efforts des Nations unies pour coordonner l'aide humanitaire en Syrie, tout en mettant en garde contre toute utilisation politique de cette aide.