Syrie: Edith Bouvier rapatriée, l'ambassade de France fermée à Damas

SYNTHESE La journée a également été marquée par l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le «meurtre» du journaliste Rémi Ochlik et par le refus de Damas de laisser entrer la Croix-Rouge à Baba Amro, le quartier bombardé de Homs où de nombreux civils attendent les secours...

M.Gr. avec Reuters

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La journaliste Edith Bouvier, prise en charge à son arrivée à l'aéroport de Villacoublay, le 2 mars
La journaliste Edith Bouvier, prise en charge à son arrivée à l'aéroport de Villacoublay, le 2 mars — VILLARD/SIPA

Cette journée de vendredi a débuté avec des nouvelles des deux journalistes français Edith Bouvier, grièvement blessée à la jambe, et William Daniels, qui ont pu quitter la Syrie, après être restés plusieurs jours bloqués dans la ville assiégé de Homs. Un avion médicalisé était attendu en milieu de journée pour les ramener en France, le fil rouge d'une journée très riche.

Rapatriement et fermeture de l’ambassade de France en Syrie

Le ministère français des Affaires étrangères a ensuite annoncé que leur rapatriement en France serait organisé dans la soirée. Annonce confirmée par Nicolas Sarkozy, qui était présent sur le tarmac de l'aéroport de Villacoublay pour les accueillir à leur arrivée, à 18h02, au même titre que les familles mais aussi Serge Dassault et Etienne Mougeotte, respectivement patron et directeur de la rédaction du Figaro.

William Daniels est descendu le premier de l'avion, visiblement en bonne santé et un large sourire aux lèvres. Il a ensuite salué le courage et la bravoure des habitants de Homs, «des héros qui se font massacrer». Avant de lancer aux confrères et aux caméras: «On s'est senti un peu seul... Ca fait du bien de vous voir». Edith Bouvier était pendant ce temps-là évacuée en civière vers l'hôpital Percy de Clamart, en région parisienne.

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Dans la foulée, le président de la République a déclaré que la France fermait son ambassade en Syrie, précisant que «les autorités syriennes auront à rendre des comptes devant les juridictions internationales de leurs crimes. Les crimes qu'ils ont commis ne resteront pas impunis».

Le «meurtre» du photographe Rémi Ochlik

Dans le même temps, les corps de Rémi Ochlik et Marie Colvin, les deux journalistes occidentaux tués le 22 février lors des bombardements du quartier de Baba Amro étaient remis par les autorités syriennes au Comité international de la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge arabe syrien. Le CICR a ensuite transféré les dépouilles de la journaliste américaine du Sunday Times et du photographe français en ambulance à l'hôpital universitaire Assad de Damas où ils sont arrivés en début de soirée. Les ambassadeurs de France et de Pologne [ce dernier représente les intérêts des Etats-Unis depuis la fermeture de l'ambassade américaine] ont pu indentifier les corps, ce qui devrait permettre un transfert rapide vers leur pays respectif. 

En France, le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire, ce vendredi, sur le «meurtre» du photographe français Rémi Ochlik et pour «tentative de meurtre» de la journaliste Edith Bouvier lors du bombardement de Baba Amro, le 22 février dernier, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Une situation inacceptable

Plus tôt dans la journée, le président du Comité international de la Croix-Rouge avait annoncé que ses équipes n'avaient pas été autorisées à pénétrer ce vendredi dans le quartier de Baba Amro, pour venir en aide à la population civile et procéder à l'évacuation des blessés et des malades.

Une situation «inacceptable, intolérable», s’est d’ailleurs emporté le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, qui a exhorté, en fin de journée, les autorités syriennes à autoriser l'envoi de secours dans les villes rebelles assiégées.